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Le secteur du bois en crise à cause de la peste porcine africaine

La Confédération belge du bois appelle à manifester ce jeudi.

Propriétaires, entrepreneurs et exploitants forestiers se rassemblent à Jambes, avec l’objectif de faire plier le gouvernement wallon. La région interdit l’accès à certaines parcelles de forêt depuis l’arrivée de la peste porcine africaine ; ces exploitants veulent que cela cesse.

Jean-Claude Magette a 75 ans. Toute sa vie active, ce Virtonais a travaillé dans la sidérurgie. Ensuite, il a réalisé un rêve : devenir propriétaire d’un terrain. Il a acheté une parcelle de 2100 m3 de forêt… et a décidé de l’exploiter en revendant des épicéas. Mais depuis l’arrivée de la peste porcine il y a 16 mois, il n’a plus accès à son lieu de travail. Sa situation est devenue intenable. "Mon sentiment, c’est une frustration, confie l’exploitant de bois. J’ai le sentiment que nous sommes abandonnés."

La crise du secteur a également plombé le marché. Les prix ont chuté considérablement. "Les épicéas, avant la peste porcine africaine, se vendaient 65 euros par mètre cube. Désormais, nous nous trouvons à une situation de vente entre 6 et 20 euros."

"Ça sent la fin pour le secteur"

La situation devenait intenable pour Stéphane Collard. Cet ancien exploitant forestier avait créé sa société. Après 25 ans de bon fonctionnement, il a mis la clé sous la porte. "Lorsqu’on nous a interdit l’accès au bois, c’est devenu ingérable. Je pense que ça va de mal en pis. Il y en a de plus en plus qui arrêtent. Dans le bois, ça sent la fin."

L’interdiction d’accès aux forêts est en cours jusqu’à mai prochain. Pour Bernard de Formanoir, gestionnaire forestier à Tintigny, cette décision va achever de tuer le secteur. "J’ai l’impression qu’on n’écoute pas nos demandes. La peste porcine a évidemment évolué. Il y avait bien sûr pas mal de cas, mais depuis août 2019, il n’y a plus eu de cas constatés. Pourtant, politiquement, on continue à nous couper les vivres."

Pour sensibiliser les pouvoirs publics, le secteur va donc se mobiliser. 200 manifestants se rendront à Namur jeudi matin avec des conséquences attendues sur le trafic routier dès 7 heures du matin.
 

Thibault Balthazar (avec Juliette Pitisci)

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