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" Je poste donc je suis ?! " : un jeu de cartes pour déconstruire les normes de beauté sur les réseaux sociaux

La Fédération des Centres de planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes lance une campagne de sensibilisation sur les normes esthétiques véhiculées sur les réseaux sociaux et leurs conséquences sur le bien-être des femmes.

Les réseaux sociaux font partie de notre quotidien : près de 9 millions des Belges les utilisent et y ont passé en moyenne 1h45 par jour en 2020. Ces réseaux sociaux peuvent toutefois nous complexer. " Elle est vraiment trop belle ! Comment fait-elle pour être aussi mince ? Tous ces likes…, c’est donc ça qui plaît à la société ? "

En tête, Instagram. Avec toutes ces photos parfaites, retouchées, hypersexualisées, le réseau offre une image déformée et peu réaliste aux femmes et aux jeunes filles dont la santé mentale et la confiance en soi peuvent être affectées. Une étude récente publiée par le Wall Street Journal révèle les effets négatifs d’Instagram sur les adolescents : un sur 5 considère que le réseau social nuit à son estime de soi. Les chiffres sont plus importants chez les filles que chez les garçons.

Dans un sondage lancé la Fédération des Centres de planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes, les participants et les participantes ont ressenti une mauvaise estime de soi (41%), de la jalousie (35%) ou encore de la honte pour leur corps (32%) en utilisant Instagram ou Tik Tok. Sur ces réseaux, près d’un participant sur deux compare son corps avec d’autres corps, ce qui créé des sentiments de malaise : on se sent trop vieux, trop gros, pas assez beau, pas assez musclé.

En réalité, ces réseaux sociaux construisent un idéal – physique ou de réussite – impossible à atteindre. Par ailleurs, la beauté représentée ignore la diversité. L’algorithme – qui détermine les contenus que vous verrez dans votre fil d’actualité - valorise les femmes blanches, grandes, minces, épilées avec des longs cheveux, des trains fins et une poitrine importante. Rapidement, vous vous retrouvez dans des " bulles de filtre " à voir sans cesse les mêmes contenus, les mêmes beautés, les mêmes normes. Ces normes esthétiques sont a fortiori pus complexes à gérer pour des adolescentes en pleine construction identitaire.

Une campagne de sensibilisation

Pour aider les professionnels du secteur associatif et psycho-médico-social, la Fédération des Centres de planning familial a sorti ce 11 octobre un jeu de 30 cartes à utiliser pour des activités de groupe. Cet outil pédagogique peut être utilisé dès l’âge de 10-11 ans sans limite d’âge.

Regroupées en 4 grands thématiques, les cartes visent à donner des outils et à discuter de différents sujets relatifs aux réseaux sociaux : repérer l’hypersexualisation, prendre conscience des photos manipulées et transformées, apprendre à découvrir d’autres types de contenus, etc.

Ce jeu s’inscrit dans une campagne de sensibilisation plus large : " Je poste donc je suis ?! ". A travers un slogan, des brochures et des capsules vidéo, la campagne veut aider tout un chacun à bien comprendre le fonctionnement des réseaux sociaux et leur impact sur la santé physique et mentale des femmes.

Le jeu de cartes est disponible dès à présent (gratuit hors frais d'envoi) en format papier (auprès de l’équipe de la Fédération) et téléchargeable en format PDF sur le site internet de la Fédération.

Maxime Maillet