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Et si vous recycliez vos parapluies?

Du côté de la chaussée de Charleroi, chez Yuman, Mélanie vend des parapluies transformés en capes de pluie pour enfants.

Souvent bien planqué quand on en a besoin et présent en quantité chez soi, qui ne s'est jamais dit que son vieux parapluie ne servait plus à rien? Si vous avez dans vos armoires le meilleur protecteur contre la pluie, qu'il soit cassé ou démodé, il peut encore trouver une utilité du côté de Yuman village, où Mélanie tient un stand un peu particulier.

"Depuis presqu'un an (au mois de septembre 2019), j'ai décidé de me lancer dans un projet de récupération de parapluies égarés ou jetés dans les poubelles afin d'en faire des capes contre la pluie pour les enfants. Il y a pas mal de succès.", commence Mélanie. Et d'ajouter : "Je suis partie d'un constat alarmant. Il y a encore beaucoup trop de choses que l'on jette et qui peuvent être récupérées. Et le parapluie fait partie des objets qui est jeté assez rapidement."

En effet, le parapluie ne coûte pas très cher et se casse souvent bien vite. Il n'est qu'un exemple parmi des milliers d'autres qui sont voués à une "obsolescence technique" : "Oui, ils sont bons marchés et ils finissent rapidement dans nos poubelles. C'est donc mauvais et toxique pour notre environnement" continue Mélanie qui en avait marre de voir cet objet ne servir à rien.

Du parapluie à la cape de pluie pour les enfants

Mais pour en arriver à faire des capes de pluie, le chemin a été très long pour notre créatrice. "En fait, tout a commencé quand j'étais enfant. Ma maman faisait énormément de récupération. Elle avait connu la guerre et donc c'était important de ne pas gaspiller. Elle recevait beaucoup d'échantillons de tissus et à chaque saison, elle nous confectionnait nos vêtements avec ça. Sans le savoir, j'avais déjà un pied dans l'upcycling. j'ai donc grandit avec cette idée de récupérer les choses qui peuvent encore servir et j'ai continué là-dedans notamment en faisant des études dans le textile."

D'enfant à adulte, il n'y a donc eu qu'un pas sur le chemin du recyclage. Et à partir de là, l'idée est venu à Mélanie d'imaginer de donner une seconde vie au parapluie : "J’ai décidé de récupérer le tissu du parapluie et d’en créer un vêtement utilitaire. Mais je n'ai pas tout de suite fabriqué des capes de pluie. J'ai fait pas mal de tests, des essais et même des erreurs."

Des tests qui un jour sont devenus concluants : "je cherchais à faire quelque chose d'utile et un matin j'ai eu l'idée de faire une cape de pluie. C'est un modèle très simple en fait, mais l'idée vient de toutes ces recherches faites. Et puis, quand on regarde un parapluie ouvert, il a déjà cette forme de cape." Pour réaliser ce manteau un peu spécial, Mélanie a besoin de deux parapluies, un pour le corps et un pour le capuchon. En retirant les baleines, qui sont pour le moment stockées quelque part en vue d'une utilisation à un autre produit, il reste suffisamment de tissu pour fabriquer cette protection contre la pluie.

Upcylcing ?

Avec cette création, Mélanie met un pied dans l'upcylcing. Cela consiste à récupérer des matériaux dont on n'a plus besoin afin de les transformer en produits avec une valeur ajoutée. Comprenez ici, passer du parapluie à la cape. "Il est urgent de faire plus attention et de passer plus souvent par le recycling et l'upcycling. Car on jette énormément de matières premières que nous pourrions facilement réutiliser tout en relançant l'économie circulaire", ajoute Mélanie.

Des parapluies, mais aussi d'autres projets en vue

Si Mélanie est déjà contente avec son projet de parapluie, la créatrice a d'autres projets en vue afin d'avoir des rentrées financières supplémentaires. "C'est vrai qu'en ce moment, je me concentre énormément sur mes parapluies. Mais comme à certains moments, je manque de matières premières, j'ai donc cherché à développer une autre idée, mais toujours avec cette conception autour du recyclage."

Fini les parapluies donc, place ici aux tentes. Vous savez, celles qui font scandale chaque année, lors des festivals de musiques. Ces nombreuses tentes abandonnées par les festivaliers à la fin de leur séjour en camping. Ici le but, c'est comme avec les parapluies, Mélanie voudrait en faire un vêtement qui protège contre la pluie comme des vestes et des pantalons de vélo. "J'ai déjà quelques prototypes, mais ce n'est pas encore tout à fait au point. Ce second projet vient finalement combler les trous lorsque je n'ai pas de parapluies et cela me permettrait d'avoir une rentrée financière en plus."

En vente pour le moment chez Yuman village

Yuman, c'est le ce centre commercial qui a ouvert du côté de la chaussée de Charleroi à Saint-Gilles. Dans un ancien garage, ce centre commercial se veut durable. Et au sein de cet espace de vente de 800 mètres carré, le but est de vendre des objets en circuit court qui offrent des produits de recyclage, d'upcycling et de seconde main.

Sur place, on peut trouver plein de choses : des vêtements aux cosmétiques, de la décoration, mais aussi les fameux parapluies. Car à Yuman Village, il y a la possibilité d'avoir un espace de vente pour les créateurs qui s'inscrivent dans la logique du lieu. Si vous passez par là, sachez que Mélanie est toujours à la recherche de parapluies à donner : "J'en reçois en ce moment une dizaine par semaine. Mais c'est vrai qu'à certaines périodes, c'est plus compliqué d'en avoir."

Pour en savoir plus

 

Pierre Lambert