Aiseau-Presles 6250

Le Covid 19 va-t-il faire pourrir les fraises?

Avec le mois de mai, vont arriver les premières fraises belges, on en a déjà l’eau à la bouche !  Mais pour les producteurs de chez nous, cela ne va pas sans poser de problème en période de confinement.

Avec le mois de mai, vont arriver les premières fraises belges, on en a déjà l’eau à la bouche !  Mais pour les producteurs de chez nous, cela ne va pas sans poser de problème en période de confinement.

Certes, depuis ce 1er avril, le conseil des ministres permet aux travailleurs occasionnels des secteurs de l’agriculture et de l’horticulture de travailler plus longtemps pour faire face aux besoins. Mais le Covid 19 bouscule néanmoins la donne dans un secteur qui recourt souvent à  l’apport de main d’œuvre étrangère  meilleur marché .Or de nombreux saisonniers européens ne peuvent plus se rendre dans notre pays .

Une situation dramatique

Cette situation créée une réelle inquiétude aux «Fraises du village» à Joncret. Sur les 200 hectares que compte l’exploitation agricole de Pascal Bolle, 30 sont exclusivement consacrés à ce fruit qui lance la saison. Le possible manque de main-d’œuvre pourrait tout compromettre.

Comme l’explique Pascal Bolle, « Tous les frais ont déjà été faits. Nous avons planté les fraisiers en août, puis nous les avons entretenus avant de monter les serres en hiver et de disposer tout prochainement la paille.  Si on n’a pas la possibilité de récolter, cela pourrait être dramatique pour l’entreprise» .

Une main d’œuvre étrangère bon marché

Pour la récolte des fraises, L’agriculteur gerpinnois emploie généralement 100 à 150 personnes qui viennent essentiellement de Roumanie.

« Cueillir des fraises cela nécessite une  certaine condition physique.Nos saisonniers ont l’habitude du métier car ils travaillent toute l’année en Italie, en Allemagne, en Espagne » explique Pascal Bolle.

Et puis il s’agit aussi et surtout d’une main d’œuvre bon marché même si l’agriculteur  rétorque que « ces saisonniers sont payés au barème belge : 9,7 euros brut de l’heure. Nous ne demanderions pas mieux que d’employer des locaux mais c’est vrai que nous n’en  trouvions pas beaucoup à ce tarif-là » Et si on lui fait remarquer que cela ressemble à de l’exploitation, il réplique que ce n’est pas lui qui a fixé ces barèmes. 

Solution locale : les étudiants ?

Aujourd’hui, à quelques semaines du début des récoltes, Pascal Bolle a reçu environ 300 mails de candidats prêts à venir travailler pour « Les fraises du village ». Il y a notamment bon nombre d’étudiants dont les cours sont suspendus. Il n’empêche que la situation actuelle permet de pointer du doigt cette dépendance de notre agriculture à une main d’œuvre étrangère bon marché. Pourrait-on imaginer de repenser autrement notre système ? Le débat est lancé.

 

 

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