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Amnesty: les droits humains ont été bafoués dans les maisons de repos pendant le Covid

Les droits humains bafoués en maisons de repos, c'est le constat accablent d'un rapport d'Amnesty International.

Les droits humains bafoués en maisons de repos, c'est le constat accablent d'un rapport d'Amnesty International. Un document de 50 pages, qui révèle toute une série de violations des droits humains dans les homes. Amnesty International, qui met aussi principalement en cause, la gestion de la crise par les autorités.

 

Lea autorités ont mal géré les maisons de repos

On le sait, ce sont les maisons de repos qui ont payé le plus lourd tribut du début de la crise sanitaire. Le constat que tire Amnesty dans son rapport est accablant, d’abord pour les autorités de notre pays. Les droits humains et à la santé ont été bafoués.

« On a du mal à comprendre comment c’est possible, s’étonne Philippe Hensmans, le Directeur Amnesty Belgique francophone. Quand on voit l’ampleur des dégâts humains que nous avons pu constater, on ne comprend pas qu’on n’aie pas pris de mesures plus tôt pour empêcher ce véritable carnage. Il ne faut pas oublier que plus de 60% s des personnes décédées de la Covid étaient des résidents de maison de repos. Or, la population des maisons de repos ne représente que 10% des personnes âgées. »

 

Beaucoup trop de résidents sont décédés sans avoir été emmenés à l’hôpital

Des résidents atteints du Covid n’ont pas été emmenés à l’hôpital au détriment de leur santé, par exemple.

« Il n’y a pas eu de consignes écrites, constate Vincent Frédéricq, Secrétaire Général de Femarbel (fédération de maisons de repos). Il n’y a pas eu d’ordres donnés aux hôpitaux de ne pas hospitaliser ou de renvoyer le plus tôt possible les résidents. Mais il y a ce climat qui a fait que la tendance était à hospitaliser le moins possible et à renvoyer e plus tôt possible dans les maisons de repos. »

Du côté de la Résidence Corbisier de Villers-Perwin, comme dans beaucoup d’autres maisons de repos, les rapports avec les hôpitaux ont toujours été bons. Mais un problème s’est posé avec les médecins traitants qui ne venaient plus voir les résidents.

« On peut respecter le droit des médecins, explique Marie-Cécile Loriaux, la Directrice de la Résidence Corbisier.  Surtout les plus âgés et ceux en mauvaise santé. Ils avaient peut-être peur. Mais de nouveau, pour les travailleurs et les résidents, c’est un droit qui a été bafoué parce qu’ils n’ont pas été bien soignés. Et le personnel soignant n’a pas été bien soutenu. »

Et l’interdiction des visites a aussi laissé des traces douloureuses. Parmi les résidents, parmi les familles et parmi le personnel.

 

Il y a même eu une augmentation des maltraitances

Et dans la foulée, des dérapages, des maltraitantes ont parfois même été à déplorer. Amnesty a constaté une augmentation de la contention dans certaines institutions. C’est dire des personnes attachées ou assommées de médicaments et laissés seuls, enfermés (parfois pendant 24 heures), parce qu’il n’y avait pas assez de personnel pour s’occuper convenablement de chaque résident.

« Il est possible qu’il y aie eu de la maltraitance, admet le secrétaire général de Femarbel. Mais s’il y en a eu, je ne crois pas qu’elle aie été volontaire. Vu le stress, le manque de personnel et l’absentéisme, le personnel a fait tout ce qu’il a pu. Mais chaque personne a ses limites. »

 

Tirer les leçons

Amnesty espère maintenant qu’on puisse apprendre de ses erreurs pour la suite de la crise. Et préconise plus de tests, mais aussi d’inspections.

« Il n’est pas normal que des gens soient morts de soif dans des maisons de repos, s’insurge le directeur d’Amnesty pour la Belgique francophone. Ce n’est pas acceptable. Et il faut donc qu’il y aie des enquêtes indépendantes qui soient menées pour déterminer les responsabilités. »

Il est d’autant plus urgent d’agir, qu’aujourd’hui encore une maison de repos sur quatre est un cluster.

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