Ham-sur-Heure-Nalinnes 6120

La vallée de la Mort a eu raison de Luc Maes: le Belge a abandonné au 97e kilomètre

La déception est énorme : Luc Maes a dû arrêter la "Badwater" en fin de journée ce mardi.

La course, souvent qualifiée de "plus dure du monde", a eu raison de lui. Le sportif amateur qui s’entraînait depuis trois ans pour réussir cet exploit a été victime de terribles crampes d’estomac.

Son épouse, Paty, que nous avons réussi à joindre alors qu’elle se trouve toujours dans la vallée de la Mort, en Californie, nous raconte : "On ne comprend pas ce qui s’est passé. Il a commencé à se plaindre, assez brusquement, de douleurs d’estomac et d’intestin. Luc s’est arrêté une première fois au poste médical. Les médecins lui ont dit qu’il devait absolument manger, mais hélas, rien ne passait : il remettait tout, même les liquides ! Il a essayé du salé, du sucré, en vain".

Le coureur, électricien à Ham-sur-Heure/Nalinnes de son état, s’est accroché, lui qui s’est tant entraîné à courir dans ces conditions extrêmes. Malgré des souffrances qui devenaient terribles, il a continué de courir, de marcher même à certains moments, en demandant de l’aide à son assistance tous les 500 mètres. "Nous avons eu une frayeur car nous avons réalisé qu’il allait peut-être passer le deuxième point de contrôle en retard. Avec les amis qui nous accompagnent dans cette épopée, nous l’avons encouragé, boosté. Et ça a fonctionné, il a évité l’élimination à… 2 minutes près !"

Mais la situation n’a fait qu’empirer. Les médecins l’ont à nouveau examiné, et lui ont dit qu’il pouvait continuer. "Soyons réalistes : ça ne faisait que reporter le problème, parce qu’il allait arriver dans une zone où la route est en lacets. Nous n’allions pas pouvoir le suivre de près, ça devenait vraiment impossible. Il a décidé d’arrêter. Pour l’instant, Luc est toujours sur place, en compagnie du staff médical. (Pas d’hôpital dans le coin bien sûr, puisque la vallée de la Mort est une zone du désert des Mojaves). On lui a fait ingurgiter une solution salée, mais il faut le temps que le corps l’assimile."

Son épouse se désole de cet abandon, car les conditions climatiques étaient finalement moins terribles que prévu : "La première nuit, il faisait entre 44 et 46 degrés. Et tout s’est bien passé pour Luc, il a vraiment bien géré cette chaleur. [Mardi matin], la température a baissé : 36, 37 degrés. C’était supportable, même s’il y avait beaucoup de vent de face. Un vent brûlant qui ralentissait les coureurs".

Il ne doit avoir aucun regret

Paty n’a pas encore revu son mari, toujours avec les médecins. Mais elle sait bien que sa déception est immense. "Pourtant, il ne doit avoir aucun regret, parce qu’il est arrivé à la limite de ce qu’il pouvait faire. Continuer n’était pas raisonnable."

Luc Maes s’est donc arrêté au 97e kilomètre de cette course qui en compte 220. Un exploit incroyable en soi, pour une première participation à la Badwater Ultra Marathon, l’une des courses les plus dures au monde. Rappelons que seuls 100 athlètes avaient été sélectionnés, Luc Maes étant le seul belge.

 

 

 

 

 

Luc Maes s’était beaucoup entraîné pour réussir son défi.

Christine Borowiak

Retrouvez l'article original sur RTBF