Ne dites plus Pays Noir

Charleroi est aujourd’hui la plus grande métropole de Wallonie. Plus de 200.000 personnes y habitent.

Au 17e siècle, le petit village de Charnoy compte à peine 50 habitants. Ils sont cloutiers, houilleurs, agriculteurs. Trois siècles plus tard, Charleroi figure parmi les villes les plus riches d’Europe et même du monde.

L’aventure débute en 1666 lors de la construction d’une forteresse par les troupes espagnoles du gouverneur Castel Rodrigo. Son objectif : renforcer la position espagnole face aux villes fortifiées de Mariembourg et de Philippeville, des villes occupées par les troupes françaises de Louis XIV. C’est en l’honneur du roi d’Espagne Charles II que Charleroi s’appelle Charleroi. Un an plus tard, la cité sambrienne passe aux mains des Français. C’est alors, le grand architecte militaire Vauban qui termine les travaux en construisant la ville-forteresse en forme d’étoile.

A la révolution industrielle, la destinée de Charleroi va diamétralement changer. Le développement des industries mise sur l’abondance du charbon et sur le savoir-faire de ses habitants.  Les charbonnages se développent, les entreprises sidérurgiques et verrières, la métallurgie sont en pleine expansion. Les voies de communication et de navigation feront de Charleroi, un centre industriel de tout premier plan qui lui vaudra le surnom de pays noir.

Aujourd’hui le temps de l’industrie lourde et du pays noir est révolu mais n’est certainement pas nié. Les hauts sites d’archéologie industrielle en témoignent. La métropole sambrienne connait une nouvelle révolution industrielle et s’ouvre aux nouvelles technologies, à la recherche appliquée, aux entreprises hi-tech et au tourisme. Avec le musée de la photographie, le site du Bois du Cazier (classé patrimoine mondial au même titre que le beffroi de l’hôtel de ville), le palais des Beaux-Arts, l’Eden, le Rockerill, le BPS 22 (espace de création contemporaine), Charleroi possède des atouts culturels qui ne manquent pas d’intérêt.

La ville est en chantier permanent, notamment dans ce qu’on appelle la ville basse où un grand projet de redynamisation du centre-ville est enclenché.

C. Vandelois