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Les coiffeurs manifestent à Charleroi: « Nous sommes tous en danger »

C’est toujours la grogne et l’incompréhension chez les coiffeurs qui ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas rouvrir leurs salons.

C’est toujours la grogne et l’incompréhension chez les coiffeurs qui ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas rouvrir leurs salons. Plusieurs dizaines d’entre eux s’étaient réunis ce midi sur la place Verte à Charleroi pour manifester pacifiquement et rappeler que nombre d’entre eux sont à la limite de la faillite.

 

Beaucoup de coiffeurs sont au bord de la faillite

Se rassembler pour montrer ensemble le désarroi de toute une profession. Pour les coiffeurs, c’est un ras-le-bol, et une incompréhension. Cette manifestation s’imposait donc.

«Nous avons voulu faire quelque chose de très pacifique, explique Muriel Gobillon, coiffeuse organisatrice de la manifestation. Mais il faut que l’on montre que l’on existe existe encore aujourd’hui, même si on craint de ne plus exister bientôt. Je pense qu’il y a bon nombre de coiffeurs qui sont en détresse pour le moment. Il faut savoir que nous n’avons pas beaucoup d’aide. Il est très difficile de maintenir nos commerces à flots. »

 

« On a besoin d’être aidés »

« Comme tous les coiffeurs qui sont ici, ajoute Fabrizzio Rottier, coiffeur à Charleroi, nous avons un établissement qui est complètement à l’arrêt. Donc on n’a plus aucune rentrée d’argent. Et on est censés avoir des aides. Mais on les attend toujours. On a prouvé au mois de mai qu’on pouvait rouvrir dans de bonnes conditions, avec toutes les mesures adéquates. Et le problème, c’est que beaucoup de coiffeurs continuent à coiffer à domicile Et là, on ne sait pas prendre des mesures. Les risques sont donc beaucoup plus grands que dans nos salons. »

« Je suis révolté parce que ce n’est pas quelque chose qu’on a décidé, s’indigne Valerio Veri, coiffeur à Couillet. Ce n’est pas une faute de gestion de notre part. La situation n’est pas due à nous. Elle est due au fait que des gens ont décidé qu’on ne doit plus travailler. Si je vais à ma banque demander un prêt pour la relance, vous pensez que la banque va me l’accorder? Bien sur que non. »

 

« On craint aussi pour l’avenir »

« Je crains pour mon avenir, témoigne Aline Wallemme, apprentie coiffeuse. Parce que si les salons sont fermés, nous, on ne sait plus aller à l’école, on ne sait plus apprendre. Et c’est un super métier. »

D’ailleurs, les coiffeurs présents sur la place Verte s’inquiètent aussi pour la relance quand elle aura lieu. Il faudra cette fois de réelles aides de l’Etat. Surtout que les coiffeurs français, eux, sont ouverts, et que, disent les manifestants, tout se passe bien dans les salons français.

 

Les coiffeurs demandent de pouvoir rouvrir pour les fêtes

Le premier espoir reste bien sûr de pouvoir rouvrir avant les fêtes. Bien évidemment parce que c’est l’une des périodes les coiffeurs ont le plus de clients. Mais aussi parce que la clientèle va vouloir de toutes façons être coiffée pour les fêtes. Et certains risquent de chercher une solution à tout prix.

« Ils vont aller se faire coiffer dans un lieu peu sûr, conclut Muriel Gobillon, coiffeuse organisatrice de la manifestation. C’est à dire par des coiffeurs qui sont à domicile ou qui coiffent en black. Mais là, les mesures de sécurité ne sont pas prises. Chez nous, elles sont respectées. Nous savons drainer le flux de clientèle. Et nous saurons exercer notre métier. Je rejoins aussi les esthéticiennes, les tatoueurs, les restaurants,… Nous sommes tous aujourd’hui en danger. »

La manifestation était pacifique et calme. Mais le cri de désespoir de toute une profession était vraiment criant.

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