Charleroi 6000

Charleroi: Face-à-face tendu entre policiers et manifestants antifascistes (vidéo)

Une autopompe, du gaz lacrymogène et des coups de matraque.

Un rassemblement antifasciste a tourné au vinaigre ce samedi à Gilly. La cinquantaine de manifestants se sont rassemblés devant une habitation où se tenait un rassemblement du Parti National Européen. Dans le groupe, des membres de la FGTB Charleroi, du MOC, plusieurs députés fédéraux et wallons (Latifa Gahouchi et Roberto Damico) et Jean-Pascal Labille, patron de Solidaris. Mais aussi des personnes âgées et des enfants.

Les opposants à cette réunion se sont rassemblés sur le trottoir devant la maison en bloquant l’entrée. La police a demandé aux manifestants de se reculer et a fait usage de la force pour les évacuer. Un Facebook live filmé par le collaborateur de la députée Latifa Gaouchi montre l’intervention de la police. On voit des coups, au moins une blessure au niveau du crâne et des yeux gonflés par les lacrymogènes. Les manifestants ont maintenu leur présence encore une heure en protestant contre l’intervention policière. Sept personnes ont été arrêtées.

Latifa Gahouchi nous a confié sont étonnement et sa surprise de voir cette intervention policière qu’elle juge disproportionnée. Selon, elle, le bureau du bourgmestre de Charleroi avait été tenu au courant de ce rassemblement.

Qu’est-ce qui a dérapé ?

Selon David Quinaux, le porte-parole de la police de Charleroi, "Nous avons demandé plusieurs fois aux manifestants de s’écarter parce qu’ils bloquaient l’entrée du lieu de réunion. Et une tension commençait à s’installer avec des militants d’extrême-droite. Nous avons prévenu plusieurs fois et les manifestants n’ont pas voulu bouger. Nous avons décidé d’intervenir quand une dizaine de militants antifascistes habillés en treillis militaire et armés de gants renforcés et lestés sont arrivés dans notre dos parce qu’on sentait que les choses allaient déraper." Parmi les personnes arrêtées, il y a six personnes qui font partie du groupe en habits militaires arrivé sur place dans un deuxième temps. Le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette a demandé un rapport de police sur l’événement.

Oui mais alors quoi ? Qui peut et qui ne peut pas dans cette affaire ?

La réunion du Parti National Européen était tout à fait légale. C’est une liberté constitutionnelle de se rassembler et s’organiser quelle que soit la tendance politique. Manifester aussi est une liberté constitutionnelle. Un partout. Les manifestants ont bien signalé leur rassemblement auprès des autorités de la ville qui n’ont ni autorisé, ni interdit. mais la police avait injonction d'éviter tout débordement. Donc c’était feu vert. Problème, les manifestants ont voulu bloquer l’entrée. Et là c’est la liberté de circuler qui n’est pas respectée. La police pouvait-elle utiliser la force ? Après plusieurs avertissements, et vu l’arrivée de militants masqués et (légèrement) armés, en termes de droit, oui.

Était-ce proportionné et utile ? Ce n’est pas la loi qui peut nous éclairer. Les militants eux sont repartis avec une grosse dent contre la police.

 

Mathieu Van Winckel

Retrouvez l'article original sur RTBF