Florennes 5620

Qui seront les nouveaux rois et reines du déconfinement ?

Concept original mis en place par Frédérick Hardenne, le Queen/King of « D » confinement en sera à sa troisième édition, le week-end prochain. Un concept original et sympathique appelé à perdurer sous d’autres formes.

Même si, à l’inverse de nombreux autres sports, la course à pied a toujours été autorisée – et même encouragée - pendant le confinement, nombreux sont les coureurs et autres traileurs qui ont été et sont toujours sevrés de sensations fortes. On l’a encore vu récemment avec l’annulation définitive de grosses manifestations comme les 20 kilomètres de Bruxelles ou de plus petites organisations (joggings, trails…), il devient difficile d’encore accrocher un dossard à son t-shirt par les temps qui… courent.

Combien de temps cette situation durera-t-elle ? Difficile à dire ! En plein confinement, Frédérick Hardenne avait eu le temps de réfléchir à une formule permettant malgré tout aux coureurs de se mesurer entre eux, mais surtout à eux-mêmes, dans un esprit sympa et détendu à la fois, tout en respectant les mesures sanitaires édictées par le Conseil National de sécurité. Ainsi était né le Queen/King of Confinement dont la première édition, disputée par une centaine de participants, s’était tenue dans un anonymat tout relatif le dimanche 12 avril avec à la clé la victoire de l’organisateur, professeur d’éducation physique de profession et ultratraileur par passion, qui avait effectué 29 boucles pour un total de plus de 200 bornes ! Une deuxième édition, baptisée Queen/King of " D " Confinement cette fois, avait attiré plus de 600 participants le week-end des 30 et 31 mai. Au terme d’un combat à distance épique, relayé via Facebook, Sylvain Lejeune avait émergé après 36 boucles et 235 kilomètres d’efforts au détriment de Benoit Badot. Ce week-end, place à l’acte 3 de ce challenge pour le moins original et fédérateur, baptisé pour l’occasion Challenge Queen/King : run for fun.

Un max de boucles de 6 à 7 kilomètres

En quoi consiste ce challenge ? En gros, chaque coureur définit au préalable un parcours personnalisé qui démarre de sa maison (voire de chez un ami ou, pour cette 3e édition, de son lieu de vacances...) d’une distance pouvant osciller entre 6 à 7 kilomètres, peu importe qu’il se déroule sur bitume ou dans les bois, peu importe son dénivelé, aussi. Une fois ce parcours défini, il lui reste à le parcourir autant de fois qu’il le veut – ou le peut – avec un départ fixe (fictif) donné toutes les heures.

Deux possibilités s’offrent à chaque participant(e) : un départ le samedi sur le coup de 18 heures ou un autre le dimanche matin à 10 heures. Après, tout est question de gestion d’un effort qui peut être long, très long ? certains n’hésitent d’ailleurs pas à être accompagnés par des amis ou de la famille pour une (ou plusieurs) boucle(s), à pied ou à vélo. Concrètement, si vous effectuez votre boucle en 40 minutes, vous aurez droit à 20 minutes de repos mais vous devrez impérativement boucler chaque tour en moins de 60 minutes et remettre l’ouvrage sur le métier en repartant à l’heure fixe. Au-delà de cette limite, c’est l’auto-élimination ! " Nous avions été surpris de l’engouement créé par cette organisation qui, à la base, ne concernait que des connaissances, explique l’organisateur, Frédérick Hardenne. Etant donné les conditions actuelles, cette formule est idéale parce que chaque coureur définit les limites de sa propre course, et se bat avant tout contre lui-même pour repousser ses propres limites. Le tout dans un esprit de fair-play total et de solidarité à distance. "

La fête encore en parenthèses

Une fois le challenge terminé, chaque athlète enregistre ses données de course et les partage ensuite à la communauté. " Pour cette 3e édition, l’idée de base était de proposer un challenge plus festif avec un groupe de potes, un club ou une association qui pouvaient courir ensemble puis se retrouver pour un apéro ou un barbecue. Là, les restrictions de bulles tempèrent cet enthousiasme. On pourra toujours participer ensemble, mais à distance. Ou alors avec une bulle familiale ou d’amis limitée à cinq personnes max, avertit encore Frédérick Hardenne. Personnellement, je conseille aussi aux participants des deux premières éditions de ne pas forcément récidiver mais plutôt d’accompagner d’autres personnes intéressées, en partageant avec eux leur expérience et en assurant leur intendance. Le but n’est pas d’aller trop loin dans l’effort mais quand même de repousser ses limites avec précaution. Certains participants qui étaient habitués à courir maximum 20 ou 30 kilomètres en ont fait 40 ou 50. Plus d’une trentaine ont même dépassé les 100 bornes lors de l’acte 2, c’est dingue ! Mais pas anodin non plus. Le but n’est pas de forcer au risque de se retrouver par la suite à l’arrêt pour six mois mais bien de s’amuser. "

S’il espère évidemment rapidement retrouver le goût de la " vraie " compétition, Frédérick Hardenne entend pérenniser ce type d’organisation qui a donné des idées à d’autres organisateurs de course et, détails non négligeables, est absolument gratuit même s’il nécessite une inscription préalable via le site www.ultratiming.be . " L’idéal, ce serait de proposer une version tous les ans en y apportant à chaque fois une originalité, explique-t-il. On pourrait imaginer un Queen/King du Carnaval, de Noël, que sais-je ? Ou le transposer à la marche aussi, pourquoi pas ? Certains nous ont demandé de le faire en vélo mais notre passion, c’est la course à pied. On veut garder cet esprit de solidarité à distance, ce fair-play, cette notion de plaisir simple et originel de la course à pied qu’on a retrouvé lors des deux premières éditions. Certains m’ont dit qu’on leur avait donné l’envie de s’y remettre. Cela vaut toutes les victoires ! "

Plus d’infos à l’adresse suivante :

https://www.communaute-sportex.org/

VINCENT JOSÉPHY