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Pourquoi voit-on autant de coquelicots cet été?

Le coquelicot, cette jolie plante indigène, semble s'épanouir ces dernières années, au point de s'étendre de manière exponentielle et d'embêter parfois certains agriculteurs dans leurs cultures.

Fleur symbole de la première guerre mondiale, le coquelicot poussait sur les terres dévastées des champs de bataille. Plus de cent ans plus tard, il fait un retour en force chez nous, bien aidé par la météo de ces dernières semaines: de l'eau, beaucoup d'eau même, et des températures à la hausse. Résultat, le rouge est à la mode le long des autoroutes et dans nos prairies, comme le confirme François Henriet, du centre wallon de recherche agronomique:

Cette plante n'a pas besoin de grand chose pour se développer. Dès qu'on remue un peu le sol, si la semence est là, elle germe et croit rapidement. Un plant de coquelicot peut produire jusqu'à 400 fleurs et peut donc se multiplier très, très vite. 

Cet expert en agronomie émet également une autre hypothèse pour expliquer cette expansion rouge:

La disparition ou l'usage moins intensif de certains herbicides très efficaces contre les coquelicots. Ou encore l'avancement des dates de semis. 

Pas un plaisir pour tout le monde

Ce plaisir pour les yeux ne fait pas le bonheur de tout le monde. Certains agriculteurs voient d'un mauvais oeil l'arrivée du coquelicot dans leurs champs.

Cela pourrait impacter le rendement de leurs cultures dans quelques années s'ils laissent une production trop importante de semences de coquelicot. 

D'autres agriculteurs ne sont pas de cet avis. A Buzin, près de Havelange, des coquelicots poussent en toute liberté dans le champ de froment de Bruno Greindl:

Je suis ravi d'en avoir, je trouve même qu'il manque un peu de bleuets. Je trouve qu'un désert de froment, comme on en voit dans l'agriculture intensive, c'est dramatique. Oui, mon rendement sera moins élevé mais la terre aura été moins travaillée. Cela m'aura coûté moins cher et, une fois la moisson faite, mes moutons viendront brouter. Moins on travaille la terre, mieux c'est. Chaque passage de tracteur est un séisme pour toute la vie du sol.

Là où il y a consensus, c'est sur l'apport de cette soi-disant mauvaise herbe en terme de biodiversité. François Henriet s'explique:

Le coquelicot peut rendre des services en attirant des insectes auxiliaires qui luttent contre les insectes nuisibles. Cela favorise la biodiversité l'utilisation moindre de produits phytosanitaires.  

Cette plante sauvage fleurit de mai à septembre , elle évoque l'éclat éphèmère de la belle saison qu'est l'été.   

Le coquelicot, cette jolie plante indigène, semble s'épanouir ces dernières années, au point de s'étendre de manière exponentielle et d'embêter parfois certains agriculteurs dans leurs cultures.

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