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"Cheve", un champion qui ne souffre aucune discussion

C'est évidemment l'info foot du weekend: Chevetogne évoluera au sein de l'élite provinciale la saison prochaine. Un titre logique tant les coccinelles ont survolé la saison.

A trois rencontres de la fin du championnat, Chevetogne a "coiffé les lauriers" sur le terrain de Neffe grâce à un partage, 0-0. Un titre mérité vu la saison des hommes d'Eric Suray. 69 points en 27 matchs. 22 victoires, 3 nuls pour seulement 2 défaites. Chevetogne compte la meilleure attaque avec 84 réalisations et la deuxième meilleure défense avec 31 buts encaissés. Faites le compte, avec un average positif de 53 goals, Chevetogne a pu compter sur une force offensive impressionante cette saison.

A Neffe, seul le titre est à retenir

Avec un bon vieux 0-0, Chevetogne a réalisé l'essentiel pour accéder au titre. Et c'est sans doute tout ce qu'il faut retenir de cette prestation pas vraiment brillante. Attention, Chevetogne n'a pas été mauvais mais a juste été sans éclat. D'ailleurs, on pourrait voir cette prestation avec un oeil différent en signalant que les "Coccinelles" ont obtenu leur cinquième clean sheet consécutive...excusez du peu. De plus, il faut aussi dire qu'en face, Neffe a tout fait pour tenter de battre le leader incontesté de la série. Du côté dinantais, l'entrejeu a tout simplement "mangé" Chevetogne durant la première période. Une première mi-temps durant laquelle Anthony Lucca et Luca Borlon ont été très remuants. 

La deuxième période a été plus équilibrée, et surtout bien moins attrayante, mais cela peut se comprendre. L'entrejeu cinacien s'est montré beaucoup plus compact, et la défense a resserré les rangs. A ce propos, j'ai personnellement apprécié la prestation de Gilles Hanquet au poste d'arrière latéral droit. Il a gagné tous ses duels et a eu, autant que possible le soucis de construire lors de ses relances.

La défense: débat ou pas?

Souvent pointée du doigt comme point faible de l'équipe, la défense de Chevetogne a tout de même réussi sa 5ème clean sheet consécutive, excusez du peu. Et avec la deuxième meilleure défense du championnat, il paraît assez exagéré de trouver en la défense le point faible de l'équipe. Par contre le débat semble relancé pour la saison prochaine en P1. En bord de terrain, c'est dans le secteur défensif que sont souhaités les renforts. La défense centrale de Chevetogne, c'est pas mal d'expérience, mais aussi un manque de vitesse. D'ailleurs, personne ne le cache, 2 renforts devraient arriver à ce poste. Un jeune de U19-U21 en provenance de Ciney, et encore un joueur sans doute plus expérimenté. Gilles Hanquet devrait apporter une certaine sécurité à droite (doublé par l'expérience de Gilles Vercauteren si il prolonge l'aventure) et à gauche, "Cheve" va compter sur l'arrivée d'Andy Lampecco. Notons aussi que Pol Minon, actif en milieu défensif, peut évoluer avec talent au poste de défenseur central.

Un 9 en attaque et un deuxième gardien

Si l'entrejeu semble bien fourni et prêt pour la P1, le secteur offensif devrait être renforcé par l'arrivée d'un buteur. En effet, aux côté des Henrot, Hottias et autres Jugnot, le profil d'un numéro 9 ferait du bien à l'équilibre du secteur offensif. Aussi, il faut être honnête, le plus gros transfert réalisé par Chevetogne est sans doute le fait que Julien Dessart sera toujours là. Après avoir éclaboussé la P2 de son talent, il va trouver une division qui lui convient sans doute plus. Sur d'autres terrains et face à un autre niveau, l'ailier des Coccinelles ne devraient pas avoir trop de mal à étaler ses qualités techniques et son explosivité. Il devrait faire encore beaucoup souffrir les défenses adverses, mais il sera attendu par toutes les défenses.

Au milieu, avec l'arrivée de Romain Desille, le secteur est complet et sans doute le mieux paré pour la P1. Avec les frères Minon, Furnémont, Fadeux et le retour de Tom Pirlot, l'entrejeu cinacien allie puissance physique et technique. Erci Suray aura l'embarras du choix dans ce secteur.

Enfin, il paraît évident que Chevetogne va faire signer un deuxième gardien, histoire d'éviter une petite catastrophe en cas de blessure de Kévin Ansiaux. Mais en P1, pas question de faire un deuxième gardien juste pour dire qu'on en fait un. La doublure de Kévin Ansiaux devra avoir un bon niveau. D'ailleurs, le gardien qui arrivera ne sera-t-il qu'une doublure? Bonne question...car on parle d'un gardien de P2 ou d'un gardien de P1, on en saura plus dans les jours qui arrivent. Là, il faudra voir comment Kévin Ansiaux gère la concurrence, car le gardien n'est sans doute pas le plus accro aux entraînements (à cause du boulot, mais pas que...). Par contre, avec un peu de regularité aux entraînements, Kévin Ansiaux tiendra facilement sa place en P1. L'âge avance, tout doucement, certes, mais le talent est toujours bien présent. Il fait très clairement partie de ces joueurs dont on dit : "aaahhhh lui si il avait voulu, il aurait pu jouer bien plus haut", et je suis totalement de cet avis.

Une des clés la saison prochaine: le coach

On ne présente plus Eric Suray dans la province. Dire qu'il connaît le foot est un doux euphémisme. Il a d'ailleurs prouvé à nouveau cette saison toute sa ruse et sa capacité a mener ses troupes à bon port. Eric Suray, c'est un coach qui comprend son groupe et qui en tire le meilleur. Si il impose ses règles et qu'il a toujours le dernier mot, il n'essaie pas de la jouer "à la Guardiola". Ce n'est pas le coach qui te réinvente le football toutes les semaines, en te parlant de B+, de B- et en utilisant des termes "académiques". "Surax", il te parle football simplement, mais de manière directe. Et c'est très certainement un point fort, car la saison prochaine, Chevetogne ne sera pas "au-dessus" comme il l'a été cette année.

Avec une défence centrale qui n'est pas la plus rapide, je me dis que Chevetogne ne pourra pas toujours jouer très haut, sauf si l'entrejeu parvient à presser tout le match (ce qui n'est pas impossible avec les marathoniens qu'il y a). Eric Suray devra donc faire passer son message le plus clairement possible, mais aussi trouver des solutions en plein match. A n'en pas douter, tactiquement, le coach de Chevetogne aura plus de plaisir et son importance sera encore plus grande. Jouer haut, avec un gros press des attaquants? Jouer plus bas en visant le contre? Replacer Minon ou Hanquet dans l'axe de la défense? Autant de questions dont seul Eric Suray aura les réponses. Tout le monde sera évidemment là pour donner son avis en bord de terrain, mais le seul à décider, ce sera lui, le coach.

Enfin, pourquoi Eric Suray sera pour moi une clé importante la saison prochaine? Cela se passe aussi au niveau de l'ambiance. C'est clair, les joueurs n'ont pas besoin de leur coach pour mettre l'ambiance, même si il sait aussi y faire. Mais Eric Suray a cette qualité d'entretenir la bonne ambiance. C'est important car c'est une force de Chevetogne. Et cette force sera déterminante la saison prochaine, car elle sera parfois, peut-être, mise à rude épreuve. Il n'est jamais facile, après avoir presque tout gagné la saison précédente, de ré-apprendre à perdre. Et généralement, ce qui fait la différence, c'est la force et la solidarité d'un groupe. De ce côté là, pour Chevetogne, je ne me fais pas trop de soucis.

 

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