Beauraing 5570

Les petits vendeurs de tabac sont maintenant taxés par la Province de Namur

La Province de Namur taxe maintenant tous les débits de tabac dans ses frontières. Jusqu’à maintenant, seuls les gros marchands devaient payer cette taxe, mais la mesure concerne dorénavant tous les vendeurs.

Maxime Stelleman est le patron de la "Librairie de la gare" à Beauraing. Il y a quelques jours, il a eu la surprise de recevoir un courrier de la Province de Namur lui demandant de s'acquitter d'une taxe sur son débit de tabac. Maxime achète pour plus de 75.000€ de tabac par an. Il devra reverser un pourcent de cette somme à la Province. Trois paliers existent pour les petits vendeurs. Maxime explique qu'il se trouve dans le cas de figure où la taxe est la plus importante:

Cette taxe arrive un peu comme un coup de massue surtout en cette période. La vente de tabac est déjà extrêmement taxée. Je devrai débourser environ 3.000€ par an pour payer cette taxe. C'est donc tout de même une belle somme.

Jusqu'à maintenant, seuls les grands commerces étaient soumis à cette taxe. Elle ne concernait que les achats de tabac dépassant le million d'euro. Mais la mesure a été jugée discriminatoire par le Conseil d'État. Dorénavant, tous les vendeurs de tabac de la province devront s'acquitter de cette taxe, mais pour Maxime cette décision est injuste:

Si c'est pour des raisons d'égalité c'est encore plus malvenu. La grande distribution vend suffisamment d'autres produits pour pouvoir assumer cette taxe. Nous les libraires, nous vendons essentiellement du tabac et de la loterie, donc cette taxe n'a pas le même impact sur eux que sur nous. En plus, même sur ces produits-là, nos marges ne sont pas énormes.

Maxime pense qu'il pourra assumer cette taxe parce qu'il s'est diversifié. Il propose un service de photos, du pressing, de la réception de colis, mais selon lui, tous les vendeurs de tabac n'ont pas ces autres apports financiers. Du côté de la Province de Namur, on reconnaît que la période choisie n'est pas la meilleure, mais la décision a été votée l'année dernière par le conseil provincial et un report n'est pas à l'ordre du jour, précise le député-président du conseil provincial, Jean-Mac Van Espen:

Nous aussi nous avons des dépenses supplémentaires à cause de la crise du COVID-19. Nous avons des infirmiers, des psychologues, des assistants sociaux qui sont toujours en première ligne, donc nous ne pouvons pas nous passer de cette entrée financière. D'autant plus que la taxe est proportionnelle aux achats de chaque librairie, donc cela ne représente pas un coût énorme et le bénéfice n'est pas touché.

Par ailleurs, il faut savoir que toutes les Provinces du pays ne taxent pas les débits de tabac. Le gouvernement wallon donne une liste de taxes qu'il est possible de mettre en place et chaque Province décide ce qu'elle taxe au sein de ce panel.

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