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David Delferière : "Il faut trouver une solution, sinon de nombreux clubs seront rapidement en faillite"

Ce soir sous le coup de 18h30, l'ACFF va devoir décider de l'arrêt ou non des championnats de foot amateur.

Le football amateur va-t-il être arrêté ? C’est ce que les rumeurs laissent paraître depuis quelques jours. À l’origine de cette incertitude : la décision de 4 gouverneurs wallons de fermer les buvettes dans les infrastructures sportives. Des fermetures qui ont impacté ce week-end les clubs des provinces de Namur, de Hainaut, de Luxembourg et de Liège.

Au-delà de ces fermetures, doit-on aller un cran plus loin ? Pour David Delferière, "on espère continuer à jouer au foot. Mais tous les week-ends à l’ACFF, on a plus de 100 000 footballeurs sur les terrains et ce week-end, on a eu 175 cas de Covid-19. Donc je ne pense pas que ce soit le football qui soit vecteur de transport majeur du coronavirus."

Si le Président de l’ACFF ne voit pas pourquoi l’on ne pourrait pas continuer à jouer, il faut prendre le problème plus largement. Car la fermeture des buvettes a un impact financier important pour les clubs. Des décisions qui font peur à tous les clubs de foot amateurs, soucieux de ne plus voir rentrées liées aux consommations de boissons. L’ACFF, l’Association des clubs francophones de football, craint pour la survie de ses clubs. Et tente de trouver les solutions face à cet obstacle. L’une d’entre elles consisterait donc à suspendre temporairement les championnats.

"Il ne faut pas résumer ça au problème de buvette. Lorsqu’un club aligne 15-16 équipes de jeunes et qu’elle doit défrayer les formateurs, ils doivent outre les cotisations, organiser des soupers et des tournois. Et si on ne peut pas les organiser, forcément les clubs seront déclarés en faillite. La solution, c’est peut-être de réglementer cette buvette en demandant de s’asseoir et avoir un monsieur Covid-19 qui fasse la circulation à l’intérieur", ajoute Delferière.

Trouver une solution, sinon il y a des risques de faillites

Il est clair qu’à partir du moment où la grande majorité des clubs compte sur le budget buvette et que celui-ci dépasse les 50% du budget total, chaque match est organisé à perte.

"Il faut trouver une solution, sinon des nombreux clubs seront rapidement en faillite. Si nous étions dans un football amateur 100%, peut-être que les buvettes devraient avoir une part moins importante dans le budget. Mais il y a plein de choses à payer. Le loyer, les assurances, les formateurs. Et ce n’est pas avec les cotisations et quelques sponsors qui sont de plus en plus rares, qu’on va y arriver. Quand on est en P1 voir en D3 nationale, c’est un problème. Mais peut-être que cela va servir de déclic aujourd’hui et que ça va obliger les dirigeants à réfléchir et à donner moins d’argent à partir de l’année prochaine", continue le Président de l’ACFF.

Un Président qui, en cas d’arrêt des championnats, ne veut pas encore entendre parler de saison blanche : "Je pense qu’on devrait arriver si pas à terminer la saison, au moins arriver à 70-75% des matches. C’est vrai que si on arrête un ou deux mois et qu’on reprend quand la pandémie diminuera, il restera encore six mois et 24 dimanches pour pouvoir jouer les matches en retard. C’est donc encore trop tôt pour parler d’une saison blanche."

Une décision est de toute façon attendue ce mardi soir, vers 18h30. L’ACFF se réunit afin de trouver la meilleure des solutions.

 

P.L. avec Q.W.