Hastière 5540

Vers des solutions durables pour le courant à l'Eden d'Hastière?

De nouvelles coupures d'électricité sont survenues dans le domaine Eden Haute Meuse. Un groupe électrogène a été installé. Mais y a-t-il des solutions structurelles pour la suite?

Les coupures de courant surviennent depuis plusieurs années dans le domaine Eden Haute Meuse, qui compte près de 300 habitants. Mais en période hivernale, particulièrement la semaine dernière, elles sont encore plus difficiles à vivre, nous indique une habitante, Martine Rullaert:

Systématiquement, s'il y a une coupure de courant, l'eau se coupe avec elle (NDLR: les pompes qui alimentent le domaine sont électriques). La plus grande partie des habitants s'est équipée de chauffage aux pellets, ce qui veut dire électricité. Il y a aussi les boilers. Il y a quelques habitants qui n'ont que des poêles à pétrole pour se chauffer. Mais ils fonctionnent aussi également à l'électricité.

Selon la syndic de la copropriété Bruna Sbabo, le problème électrique a des causes multiples. Le réseau est vétuste, malgré la remise à neuf des lignes les plus anciennes. Mais elle y voit aussi, entre autres causes, un problème de consommation chez certains habitants (triphasé, nombre d'appareils), par exemple:

Certains copropriétaires installent la totalité de leur système de vie au réseau électrique dans le but de ne pas payer à l'arrivée du camion (mazout, gaz...) et traînent ou même ne paient pas les acomptes en attendant la facture finale, qui est bien entendu dure à digérer.

Dans l'immédiat, un groupe électrogène a été installé pour pallier l'urgence hivernale. Mais pour trouver une solution à long terme, il faudra sans doute augmenter la puissance de l'alimentation du domaine. Le bourgmestre Claude Bultot a entamé des démarches d'information et d'accords auprès d'Orès et Genetec, les deux sociétés concernées. Est-ce faisable? Techniquement oui. Mais cela a un coût, explique-t-il:

Aujourd'hui, on a un réseau avec un transfo aérien, qui est limité à 250 kVA (NDRL: kilovoltampère, unité qui mesure la puissance réellement disponible). Pour augmenter la puissance, ce système d'installation n'est plus possible. Il faut une cabine, tout cela va avoir un coût. Pour arriver à une solution pérenne, d'après les informations que j'ai eues, on va tourner à la toute grosse louche entre 50 et 60.000€.

Il s'agit d'un domaine privé. La commune ne peut intervenir. C'est donc la copropriété qui devrait payer.

Pour la syndic Bruna Sbabo, augmenter la puissance serait une bonne solution, entre autres mesures qui visent la vétusté du réseau. Mais difficile, avec les conditions covid, de réunir tout le monde pour parler du financement.

Il faut une assemblée générale pour débattre de l'appel de fonds de 2021, appel de fonds obligatoire mais résultant de travaux exceptionnels aussi  (A.G. non autorisée actuellement au vu du nombre de parcelles).

Autre problème, l'appel de fonds est calculé sur base des dix millièmes, or il est injuste qu'une parcelle qui possède des dix millièmes importants paie beaucoup plus qu'une parcelle qui en a très peu, et pourtant chacun a un compteur et consomme (les grandes parcelles ne consomment pas plus que les petites).

La solution serait donc de calculer l'appel de fonds sur base de la parcelle, tout simplement. Il faut qu'un vote soit effectué et représente 4/5 des votes en accord avec cette solution, sinon je n'ai pas le droit de changer l'état de fait actuel. Je vais donc me renseigner auprès du conseil juridique de notre copropriété afin qu'il me dise s'il est possible que j'envoie par recommandé une demande de vote en attente que le Covid nous permette à nouveau de rassembler notre population dans une salle.

Pour la riveraine que nous avons jointe, Martine Rullaert, l'installation d'une nouvelle cabine aurait déjà dû être financée par un appel de fonds précédent. Elle estime qu'il s'agit d'une erreur de gestion.

Ils vont devoir refaire des appels de fonds pour la cabine, on aurait dû commencer par là. Les travaux ont été faits à l'envers. Ce n'est pas logique, après tant d'années, qu'on subisse encore tant de coupures, que cette situation ne soit pas réglée, et qu'on arrive maintenant à un point où, sur cinq mois de temps, on doit faire deux appels de fonds.

La syndic Bruna Sbabo, de son côté, lance un appel à la communication entre les parties:

Dans un domaine, il n'y a pas que le syndic et le conseil de copropriété qui doivent œuvrer au bon suivi, c'est la coopération de tous qui doit alimenter une communication saine dont sont absents les vulgarités et les insultes, surtout à la personne qui prend la peine bénévolement de dépanner.

On le compend, le dossier reste délicat, il reste des étapes à franchir, mais la faisabilité technique du projet est en tous cas confirmée.

De nouvelles coupures d'électricité sont survenues dans le domaine Eden Haute Meuse. Un groupe électrogène a été installé. Mais y a-t-il des solutions structurelles pour la suite?

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