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La sécheresse repousse le mildiou dans les vignes de la vallée mosane

Il est encore trop tôt pour savoir si 2018 sera une bonne cuvée pour les vins wallons. Mais, une chose est sûre, les raisins arriveront à maturité deux à trois semaines à l'avance.

En France, le mildiou fait des ravages cette année sur les vignes dans de nombreuses régions. Chez nous, les vignobles, pour la plupart, semblent avoir résisté à cette maladie parasitaire. Mieux encore, les récoltes pourraient s'organiser dès la deuxième semaine de septembre, soit deux à trois semaines à l'avance. Comme nous l'indique, avec enthousiasme, Jeanette Van Der Steen, du Château Bon Baron, qui possède 17 hectares de vignobles dispersés dans la vallée mosane entre Namur et Dinant:

Nous sommes, pour l'instant, assez heureux du développement de nos vignes qui sont en avance de deux à trois semaines. Le printemps, assez pluvieux, nous faisait craindre une attaque conséquente du mildiou. A cette période, nos vignes ont grandi assez rapidement. Il n'était dès lors pas simple de contrôler la propagation de la maladie. Mais, grâce au traitement préventif, nos vignes y ont résisté.

Même constat au Château de Bioul où les vignobles ne présentent pas de trace de ce champignon destructeur. Mélanie Chereau, maitre de chai pour les vignes biouloises:

Nos cépages étant naturellement résistants au mildiou, nous ne constatons pas d'infection, malgré la forte pression subie sur notre vignoble. Nos cépages, résistants aux maladies et plutôt précoces, sont adaptés aux conditions belges. Les vins qui en sont issus sont reconnus pour leur fraîcheur, leur personnalité et leur capacité de garde.

Pas ou peu de traces de mildiou dans les vignobles wallons

Une grande partie des vignobles wallons semble donc avoir été épargnée par le mildiou cette année, contrairement à de nombreux vignobles français (voir ces articles de France Bleu et de Libération). Et le climat n'y est pas étranger. Ces dernières semaines, la météo est plus ensoleillée et sèche en Wallonie que dans les régions françaises où le mildiou sévit. Puis à cela s'ajoute aussi la meilleure résistance au mildiou des cépages plantés chez nous. Alors, la cuvée 2018 sera-t-elle bonne? Jeanette Van Der Steen est plus perplexe.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour la nouvelle cuvée. Nous ne sommes pas à l'abri d'orages ou de grèles qui pourraient avoir un effet néfaste sur notre production. Actuellement, ce sont les oiseaux qui représentent la plus grande menace pour les vignes. Avec la sécheresse, il y a moins d'insectes. On remarque que les oiseaux sont plus nombreux à attaquer nos vignobles. Nous installons, par endroits, des filets de protection.

Le Château Bon Baron produit annuellement entre 60.000 et 100.000 bouteilles de vin AOC. Des vins rouges, blancs et rosés ainsi que du crémant.

La sécheresse n'épargne pas les nouveaux plants de vignes

La sécheresse repousse le mildiou mais elle ne fait pas bon ménage avec les jeunes plants de vignes. A Gochenée, non loin de Doische, 2.700 pieds de vigne ont été plantés en avril dernier. Le vignoble de 70 ares appartient au Domaine de Doriemont dont la société est basée à Ciney. La sécheresse n'a pas contribué au bon développement des vignes. Simon-Pierre Sclipteux, l'exploitant:

En avril dernier, nous avons planté 1.250 pieds de pinot noir et 1.450 pieds de chardonnay. Avec la sécheresse, les racines de nos pieds de vignes ont des difficultés à se développer. Dès lors, nous devons arroser copieusement le vignoble.

Non traités, ces jeunes plants de vignes ont tout de même été épargnés par le mildiou.

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