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La carte interactive des potagers partagés et gratuits réalisée par les " Incroyables Comestibles! "

"Incroyables Comestibles" : mais que se cache-t-il derrière ces deux mots ? Une initiative citoyenne de partage et de solidarité. Mais plus encore ? L’installation de potagers communautaires dans lesquels les habitants d’un même quartier peuvent se servir de fruits et de légumes gratuitement.

Et oui, gratuitement !

Le mouvement des Incroyables Comestibles a germé partout en Belgique.

Pour découvrir où se trouvent les potagers à partager les plus proches de chez vous, la preuve sur cette carte interactive.

Venus tout droit de Todmorden, ville d’Angleterre fortement touchée par la crise économique, les " Incredible Edible " ont été lancés en 2008 par deux mères de famille.

Leur objectif : atteindre l’autosuffisance alimentaire grâce à des potagers collectifs entretenus par des citoyens volontaires. Depuis, les Incroyables Comestibles ont rencontré un tel succès que le projet s’est répandu aux quatre coins du monde… jusqu’à atteindre la Belgique.

Sarah Harpigny, une habitante de Sautour, en province namuroise, a mis en place des potagers en libre-service au sein de sa ville.

Aujourd’hui, Sarah a changé de vie. Elle a quitté la Belgique et s’est installée en France. Après son départ, le projet des potagers citoyens de Sautour n’a pas été repris.

Barvaux-sur-Ourthe et les premiers potagers à partager

Barvaux-sur-Ourthe, en province du Luxembourg, est l’une des premières villes belges à avoir accueilli les Incroyables Comestibles. En 2012, Pascale Fettweiss décide, avec quelques amis, d’investir l’espace public de Barvaux et de transformer des endroits laissés à l’abandon en potagers citoyens.

Leur slogan : " l’abondance est le fruit du partage ". Quatre ans plus tard, l’engouement qu’avait suscité le projet auprès des riverains est quelque peu retombé et les habitants ont arrêté d’entretenir les potagers. Mais ce n’est pas pour autant que les acteurs de cette initiative se sont démotivés.

Aujourd’hui, Pascale continue d’encourager les résidents à entretenir les jardins … et le lien avec leurs voisins. " Pour inciter les gens à entretenir les bacs de potager, nous avons distribué des arrosoirs et avons installé un récupérateur d’eau de pluie à proximité des plantations. "

D’après elle, la raison du succès mitigé des Incroyables Comestibles à Barvaux est claire : "aucun initiateur du projet ne vit à proximité des bacs de potager. Nous investissons donc depuis l’extérieur. L’idéal, pour que l’initiative fonctionne, aurait été qu’un groupe d’habitants vivant dans la même rue se soit formé avant de mettre le projet sur pied à l’intérieur de leur quartier."

Mouscron fait chou blanc

A Mouscron, on observe un résultat similaire à celui de Barvaux. Cela va faire trois ans que des bacs de potagers ont été installés dans la ville hennuyère. Durant cette période, certains jardins ont été vandalisés et le projet n’a jamais réellement décollé. D’après Sylvia Vannesche, membre des Incroyables Comestibles de Mouscron, l’échec relatif des potagers en libre-service est en partie lié à un manque de compréhension de la part des habitants. " Nous avons installé des pancartes à côté des bacs pour expliquer aux riverains en quoi consiste le projet. Pourtant, ils n’ont pas l’air de comprendre qu’ils ont le droit de se servir dans le potager gratuitement. "

Pour que l’initiative des Incroyables Comestibles puisse se pérenniser, les citoyens qui se servent en fruits et légumes sont encouragés à ressemer des graines en échange des plants qu’ils ont récoltés. Dans les faits, certains habitants cueillent du céleri, des oignons ou des carottes sans prendre le temps d’en replanter de nouveaux et ralentissement le développement des potagers.

A Tournai, les potagers collectifs portent leurs fruits

Comme Pascale et Sylvia, Tony Roupin s’est inspiré de la ville de Todmorden et des Incredible Edible pour installer des potagers citoyens dans la commune de Tournai. Lorsque le projet a débuté en 2013, la ville comptait 4 bacs. Aujourd’hui, le nombre a atteint la vingtaine. " Dès le départ, nous voulions privilégier la quantité à la qualité. Nous voulions que les Incroyables Comestibles évoluent de manière globale et que chaque riverain puisse trouver un bac à moins de 500 mètres de chez lui. C’est pourquoi nous avons démultiplié les potagers collectifs et avons installé des bacs urbains dans différents quartiers. Certains lieux ont moyennement marché. D’autres se sont magnifiquement développés."

Avant même que les premiers potagers citoyens aient été créés, Tony était parvenu à mobiliser une large collectivité grâce, notamment, aux réseaux sociaux. " Facebook est une belle pièce de résonnance. 85% des membres des Incroyables Comestibles font partie du groupe Facebook que nous avons lancé. " Aujourd’hui, plus de 2500 personnes ont rejoint la communauté des potagers à partager. Cela fait des Incredible Edible de Tournai l’un des groupes les plus importants du pays.

A chaque habitant son arbre

Au-delà de l’élan populaire dont il bénéficie, le Tournaisien peut compter sur l’appui des politiques pour mener son projet à bien. " Une de nos forces c’est que la ville nous soutient. Certains voudraient faire les anarchistes et installer des bacs de potager sans avoir d’autorisations préalables. Moi, je pense que la meilleure façon de pérenniser un projet c’est de l’institutionnaliser. " Pour poursuivre les objectifs fixés lors de la COP21, le Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte, a proposé de planter à Tournai un arbre par habitant d’ici 2025. Soit 70 000 plantations dont des arbres fruitiers. Une proposition qui réjouit Tony pour qui l’autosuffisance alimentaire serait le but ultime à atteindre.

Dans les mois qui viennent, le jeune homme espère lancer la première bière Incroyables Comestibles. " Nous pourrions nous lancer dans la culture du houblon et brasser notre propre bière. Nous avons déjà eu un contact avec un brasseur de la région qui est enthousiasmé par le projet. " En attendant, le jardinier-bénévole continue de développer les potagers collectifs et n’hésite pas à partager ses conseils avec ceux qui souhaitent appliquer le concept des Incroyables Comestibles à leur quartier. " Je pense qu’il faut commencer petit et ne jamais se décourager si les potagers ne se développent pas aussi vite qu’on l’aurait souhaité. Pour que l’action s’étende, il est important de ne pas se concentrer sur un seul endroit, mais de consolider le projet en installant des bacs à différents emplacements. Après, tout dépend des objectifs que l’on se fixe : si l’on veut créer du lien social avec ses voisins ou si l’on veut carrément métamorphoser sa ville. "

Donner des légumes ou même des graines, c'est le principe des incroyables comestibles. A Sautour dans la région de Philippeville, Sarah a décidé de lancer cette initiative venue d'Angleterre.

Elle a donc installé dans son village et dans la ville des bacs pour y planter des légumes. Lorsque ceux-ci seront arrivés à maturité chacun pourra se servir selon ses envies. Et tout cela est 100% gratuit !