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Yvoir: morne saison pour les autocars Deblire

Les voyages en autocars n’ont pas le vent en poupe: port du masque constant, toilettes et vente de boissons interdites, autant de contraintes qui ne font pas les affaires des autocaristes.

À Godinne, chez les cars Deblire, les véhicules n'ont pas beaucoup bougé depuis le début de la crise. Le secteur paye cher les mesures sanitaires qui ont peu évolué plus d'un an et demi plus tard., comme l'explique Patrick Deblire, l'administrateur délégué des «Autocars Deblire»:

Les toilettes sont interdites, la vente de boisson est interdite, le masque doit être porté durant tout le voyage et les déplacements dans le car ne sont pas autorisés. Une bonne partie de notre clientèle est constituée de personnes du troisième âge, vous comprendrez que pour elles les toilettes sont essentielles. En plus, elles aiment pouvoir aller d'un siège à l'autre, discuter et boire un verre. On ne peut plus vendre la convivialité propre au transport en car, donc les gens ne réservent pas.

La haute saison dans le secteur se situe entre les vacances de Pâques et le mois de mai. Mais même pour un mois de juillet, l'entreprise fonctionne clairement au ralenti. Sur les 15 cars de la flotte touristique, à peine un voire deux sortent. Lors d'une année normale, il y a au moins cinq cars sur les routes chaque jour. À cela s'ajoute le fait que les trajets restent souvent dans la Belgique, donc cours. Heureusement, le TEC avait appelé en renfort les cars Delbire durant l'année scolaire pour désengorger les bus publics. L'entreprise a donc pu souffler un peu, mais cela reste insuffisant. Un nouveau coup de massue vient de tomber: le pass sanitaire en France, la destination préférée des Belges en car, détaille l'autocariste:

Nous avions un départ le 15 août avec 46 personnes, depuis le pass sanitaire nous avons 5 désistements.

En plus, le secteur souffre d'un manque chronique de chauffeurs. Même s'ils touchent 70% de leur salaire avec le chômage technique, deux chauffeurs de la compagnie sont partis:

C'est un métier de pourboire, donc le chauffeur a au moins 25€ de pourboire par jour. À cela s'ajoutent les commissions qu'il a sur les restaurants ou les hôtels où il passe. Le bénéfice de la vente de boisson revient aussi au chauffeur et ça aussi c'est interdit donc le secteur perd de bons employés.

Une vraie reprise du secteur n'est pas envisagée avant 2023, mais on estime déjà qu'il manquera à ce moment-là 1.500 chauffeurs de cars en Belgique. La fédération des autocaristes pense bientôt retourner voir le gouvernement pour demander que des assouplissements soient accordés.

Les voyages en autocars n’ont pas le vent en poupe: port du masque constant, toilettes et vente de boissons interdites, autant de contraintes qui ne font pas les affaires des autocaristes.

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