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Yvoir augmente quatorze taxes communales en 2020

Yvoir a décidé d’augmenter quatorze taxes dès le 1er janvier 2020. Le but est d’augmenter le fonds de réserves extraordinaires, qui est d’environ 450.000 euros. Trop peu selon la majorité.

Les réserves extraordinaires communales, somme permettant de faire des projets sur fonds propres, sont d'environ 450.000€. Cette somme, qui n'a cessé de diminuer depuis 2012, est jugée insuffisante par la majorité communale. Quatorze taxes vont donc être augmentées. Ces augmentations prendront place, pour la plupart, au 1er janvier 2020.

Parmi les impôts augmentés, on compte l'additionnel à l'impôt des personnes physiques (IPP), que tout le monde paie sauf les non-imposables. Cette taxe passe de 7,5 % à 8 %. Le précompte immobilier augmente lui aussi. Le seul additionnel à l'IPP pourrait rapporter à la commune 190.000€, en 2021, si la conjoncture économique et politique nationale reste la même. Il est à noter que certaines taxes n'avaient plus été augmentées depuis 10 ans.

Les locations Airbnb maintenant taxées

Les secondes résidences, les campings et les gîtes voient aussi leurs taxes augmenter. Lors du dernier conseil communal lundi soir, le bourgmestre Patrick Evrard explique qu'il n'était plus question que certains passent entre les mailles du filet:

Les personnes qui louent des chambres et autres gîtes via Airbnb ou Booking sans payer aucune taxe devront maintenant le faire. Il n'est plus question que certains payent et pas d'autres alors qu'ils proposent les mêmes services. La taxe par nuitée est supprimée pour passer à une taxation par lit. Elle est fixée à 80€ pour tous les hébergements hors campings.

Les campings, qui proposent des mobiles ou des structures plus fixes, devront tous payer 70€.

Les parcelles non bâties, les prestations administratives ou encore les exhumations voient tous leur taux d'imposition augmenter. Quant aux divers permis délivrés par la commune, l'augmentation de leur coût oscille entre 25 et 150 % du prix de base. L'opposition, par la voix de Bertrand Custinne, explique qu'elle regrette que ces augmentations interviennent toutes en même temps :

Nous sommes conscients de la nécessité de certaines hausses, puisque nous avons été au pouvoir pendant six ans. Néanmoins, il n'était pas opportun de tout augmenter en même temps. Notre groupe a voté « oui » à l'augmentation de nombreuses taxes mais nous avons voté « non » à l'augmentation de l'IPP. Eu égard à toutes les autres augmentations, nous pensons que cette hausse n'aurait pas dû se faire maintenant ou, du moins, pas dans cette envergure. C'est tout de même 80€ de plus par an pour les habitants. Pour certains ménages, ce n'est pas négligeable.

"Pas de politique du sparadrap"

La majorité a expliqué son refus de pratiquer « la politique du sparadrap ». Chantal Eloin-Goetghebuer, échevine, précise:

La moitié des dépenses de la commune proviennent du coût salarial. Il n'était pas question de licencier qui que ce soit. Ce n'est pas de gaieté de cœur que nous avons décidé ces augmentations, mais elles étaient nécessaires et nous n'avions pas d'autre choix.

Durant le conseil, le débat s'est cristallisé autour des taxes immondices et égouts. La taxe immondices couvre les déchets ménagers. Elle subit une augmentation de 10 %. Cette décision n'est prise que pour l'année 2020. Les communes ont l'obligation d'appliquer un tarif au plus près du coût-vérité pour cette taxe, d'où la décision de l'augmenter, détaille le bourgmestre :

Ce sont surtout les parcs à conteneurs qui coûtent une fortune à la commune. Nous allons appliquer un coût vérité à 99 % du prix réel.

Par exemple, un ménage composé de quatre personnes paie pour l'instant 80€. Cette somme passera, pour un an dans un premier temps, à 88€. L'opposition veut que ce coût soit évalué à 101 % voire 102 % afin que la commune soit sûre de n'avoir aucune perte, elle s'est donc abstenue.

200.000€ de recettes supplémentaires

La taxe sur l'entretien des égouts est inchangée en 2020 mais la majorité pense, peut-être, revoir sa mise en place l'année suivante. L'opposition souhaite que cet impôt soit fixé en fonction de la composition des ménages, comme c'est déjà le cas pour la taxe immondices. Le bourgmestre dit étudier la question.

Selon la commune, dès 2020, Yvoir pourrait obtenir jusqu'à 200.000€ de recettes supplémentaires grâce à ces nouvelles mesures. Attention, les revenus des additionnels à l'IPP n'arriveront qu'en 2021, puisqu'un habitant est imposé sur les revenus de l'année précédente. Cette mesure ne sera donc pas encore visible sur les finances communales l'année prochaine.

En 2021, les recettes seraient alors doublées pour passer à 400.000€, en comptant l'augmentation des subsides provenant du fonds des communes, précise la Ville:

Si ces perspectives se confirment et si la conjoncture, conjuguée à une bonne gestion des dépenses communales, le permet, des allègements fiscaux seront possibles dès 2022.

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