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Jean-Luc Rondia: "Ce que les infirmières ont fait pour moi, je ne l'oublierai jamais"

Jean-Luc Rondia habite Weillen et est en revalidation suite au Covid-19. A Dinant, il est resté sous coma artificiel plus de deux semaines et Laurie Pierard fut l'une de ses infirmières.

Infirmière aux soins intensifs du CHU-UCL Namur site de Dinant, Laurie Pierard n'est pas une inconnue pour Jean-Luc Rondia. Il y a 20 ans, elle faisait du baby-sitting et gardait les enfants de Jean-Luc, alors son voisin. Laurie et Jean-Luc ont accepté de nous partager leur témoignage. Jean-Luc a passé plus d'un mois au sein de l'hôpital dinantais, dont deux semaines sous respirateur, en coma artificiel. On peut dire que Jean-Luc revient de loin, mais la revalidation est un long chemin et n'est pas sans difficulté. Durant sa convalescence, Jean-Luc a pu compter sur le professionnalisme et la bienveillance de Laurie et ses collègues :

Sans elles, je le sais, j'aurais laissé tomber. Quand je voyais la porte de ma chambre s'ouvrir, je savais que j'allais recevoir un peu d'attention et de réconfort. Des paroles, un peu d'eau sur mon front. Le travail qu'elles ont fait, je ne l'oublierai jamais.

J'aimerais revoir les infirmières pour leur dire merci

Jean-Luc a personnifié l'aide du corps médical via Laurie, car c'est la seule personne qu'il reconnaissait. En plus il y avait un lien spécial vu qu'ils se connaissaient:

Laurie je la reconnaissais. C'est elle qui a fait beaucoup pour que ma femme et moi on reste en contact. Elle a beaucoup rassuré ma femme mais moi aussi. Les autres, ce sont des yeux. Elles ressemblaient à des cosmonautes, à des apiculteurs. Je ne saurais même pas les reconnaître mais j'aimerais pouvoir les voir et leur dire merci.

Laurie Pierard a continué à prendre des nouvelles de Jean-luc depuis qu'il est sorti de l'hôpital. Les relations entre malades et infirmiers/infirmières sont fortes mais disparaissent souvent une fois la porte de l'hôpital franchie:

Souvent, on leur demande de nous donner des nouvelles quand ils partent mais peu le font. On comprend car les gens n'ont qu'une envie c'est de reprendre leur vie. Pour Jean-luc, ce fut un peu spécial. Vu que je le connaissais, la première fois quand je l'ai vu arriver, j'ai eu la boule au ventre puis les instincts d'infirmière ont repris le dessus. Notre rôle est médical mais on devait aussi rassurer les patients et surtout la famille, ce qui est le plus difficile je trouve. Quand Jean-Luc s'est retrouvé sous respirateur, c'est un geste clinique important, cela veut dire que son pronostic vital était engagé, là j'avais peur. Je ne voulais pas être celle qui aurait dû sonner à sa femme pour dire qu'il y avait un souci. Heureusement c'est un battant, je savais qu'il s'en sortirais.

Le plus difficile, c'est de réapprendre à boire

La revalidation a commencé aux soins intensifs pour Jean-Luc, et elle se poursuit aujourd'hui à domicile:

Au réveil c'était terrible, j'avais des tuyaux partout, j'étais attaché aux poignets, je ne savais pas bouger et je ne comprenais pas. Il a fallu réapprendre à parler, à marcher mais le plus difficile ce fut de réapprendre à boire. Ce sont toutes des choses stupides, mais il a fallu que je comprenne que je devais arrêter de respirer quand je buvais. Aujourd'hui, je ne sais plus lire, je tremble, et de simples déplacements sont de véritables efforts.

Encore plus marqué psychologiquement

Si physiquement le Covid-19 fut difficile à vaincre et qu'il a laissé certaines stigmates encore visibles sur l'homme, c'est psychologiquement que c'est le plus difficile pour le Walhèrois:

Psychologiquement c'est encore pire, c'est là où j'ai le plus difficile. Je n'ai pas pu voir ma famille pendant un mois. Rendez-vous compte. A l'hôpital, je me suis vu partir plusieurs fois, seul dans ma chambre. Même quand je suis rentré à la maison, il a fallu encore respecter un isolement de 15 jours. Moi qui étais plutôt fonceur, aujourd'hui j'ai peur. Tout me fait peur et on ne sait rien. Un jour on me dit que je suis immunisé et le lendemain on me dit que non que je pourrais encore attrapé cette maladie. Mes deux garçons, je les vois mais je n'ose pas encore avoir de contacts. Je ne les touche pas, car j'ai peur. C'est une situation très difficile

Il y a un avant et un après

Encore très marqué par cette expérience, Jean-Luc sait que d'autres dans la même situation n'ont pas eu la même chance que lui. Si il estime qu'il n'est pas encore sorti d'affaire, il sait qu'il doit beaucoup aux équipes médicales et à la présence de sa femme. Pour le futur, il s'est donné un objectif: reprendre son travail au 1er septembre, mais plus comme avant:

Je me suis mis cet objectif pour avancer. mais plus rien ne sera jamais comme avant. cela faisait longtemps que j'avais oublié à quel point j'ai une belle vue de ma terrasse. Ca peut faire rire mais c'est vrai. Ce ne sera plus pareil qu'avant. Je vais plus me concentrer sur les choses essentielles comme ma famille. Oui le boulot, mais je ne me prendrai plus la tête comme je l'ai fait.

Jean-Luc Rondia habite Weillen et est en revalidation suite au Covid-19. A Dinant, il est resté sous coma artificiel plus de deux semaines et Laurie Pierard fut l'une de ses infirmières.

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