Berceau de la dinanderie et du saxo!

Dinant est nichée dans les profondeurs de la vallée de la Meuse, au cœur de la province de Namur. Dinant partage avec Huy le titre de Fille de la Meuse.

Jusqu'au 11e siècle, la ville dépendait à la fois de Liège et de Namur. En 1040, l’évêque de Liège, Nilhard, y a fait construire le premier château-fort (à l'emplacement de l'actuelle citadelle ménagée par les Hollandais au 19e siècle) et en 1070, l'empereur Henry IV décide de céder ses droits au prince-évêque de Liège.

Dinant était une ville très riche, l’industrie du cuivre y florissait. Il y avait dans la ville, douze églises paroissiales et sept abbayes. Dinant était enfermée dans une ceinture de muraille percée de huit portes et hérissée de tours, elle était dominée par son château-fort, elle connaissait alors une très grande prospérité.

Sa position géographique, une ville de passage et une porte ouverte sur la vallée mosane ne lui a pas valu que du bien. En 1466, Charles le Téméraire a fait raser la ville par ses armées, elle a été pillée, incendiée. Ce qui restait de l’opulente cité a été complètement disparu. Ce n’est qu’en 1472 que les chanoines de la collégiale ont obtenu l’autorisation de reconstruire une église et quelques maisons pour se loger. La ville s'est petit à petit reconstruite mais a dû subir au fil de son histoire de nombreuses invasions et dominations.

La Ville de Dinant a payé un lourd tribu lors de la première guerre mondiale. Il y a d'abord eu la terrible bataille du 15 août 1914 qui a opposé les troupes françaises aux troupes allemandes. Un déluge de feu s'est abattu sur la ville, plus de 2.000 soldats sont tombés. Les allemands ont subi une cuisante défaite, une défaite que les dinantais payeront cher dans les jours qui suivront. Repliée dans les campagnes avoisinantes, l'armée allemande prépare sa contre-offensive et planifie l'anéantissement de la ville. L'assaut commence dans la nuit du 21 au 22 août, quelques civils sont tués, des maisons sont incendiées. La confusion est totale. Le matin du 23 août la véritable offensive allemande commence : pillages, incendies, massacres de femmes, d'enfants, d'infirmes. Des centaines de dinantais sont fusillés sans ménagement, d'autres servent de bouclier humain dans la confusion la plus totale. Dinant est mise à sac. Plus de deux tiers des habitations sont détruites. Dinant est martyrisée, 674 habitants sont exécutés, 10 % de la population est décimée.

La dinanderie.

Voilà un art connu dans le monde entier et qui trouve son origine à Dinant. Le mot est apparu au 14e siècle. C'est la technique du dinandier qui consiste à transformer les métaux en feuille, comme le cuivre, le laiton et l’étain au moyen d'outils, le plus souvent des marteaux. Cette technique permet de fabriquer des pièces de toutes les formes, de toutes les tailles. Des chaudrons, des récipients, des pichets, des assiettes, des pièces d'orfevrerie, etc. Des pièces prestigieuses de l'orfèvrerie liturgique de type mosan sont le fait des dinandiers. L'activité existe aujourd'hui encore à Dinant, même s'il faut reconnaître que les artisans se font de plus en plus rares.

Les couques

Mauvaises dents s'abstenir ! La couque de Dinant se compose de miel d’abeilles et de farine de froment. Elle est dure, très dure et même fort dure ! La couque de Dinant apparaît vraisemblablement au 18e siècle. A cette époque, la pâte était pétrie à la main, puis elle était aplatie à l’aide d’un rouleau à tarte de manière à obtenir l’épaisseur voulue. Cette pâte était coupée avec un emporte-pièce pour donner à la couque sa forme générale avant d’être placée dans un moule où elle était imprimée. L’impression se faisait et se fait encore manuellement. Les couques, bien rangées sur des platines, étaient cuites le lendemain dans un four à bois, puis, plus tard à charbon, aujourd'hui au mazout ou à l’électricité.

C’est en été, pendant la saison touristique, que la vente prend de l’importance, mais c’est surtout au moment de la Saint-Nicolas qu’elle atteint le maximum.

Le saxophone

Antoine-Joseph Sax est né dans la rue qui, depuis 1896, porte son nom, dans une maison modeste, détruite en 1914, qui était construite sur l'emplacement actuel d'un important immeuble commercial. Sur la façade de celui-ci, un vitrail et une inscription taillée dans la pierre: "Ici naquit Adolphe Sax. 1814-1894". Il était l'aîné de 11 enfants. Son père ébéniste se lance à Bruxelles dans la fabrication d'instruments de musique.

A l'adolescence, Antoine-Joseph dit Adolphe, intègre l'atelier de son père. Il crée, il perfectionne des instruments et il en joue. Il a 16 ans lorsqu'il présente à l'Exposition de l'Industrie, à Bruxelles, des flûtes et des clarinettes en ivoire. A 20 ans, c'est une clarinette entièrement nouvelle, à 24 clés, œuvre d'imagination et chef-d’œuvre de travail manuel. Puis, une nouvelle clarinette basse qui provoque l'enthousiasme de Habeneck, chef d'orchestre de l'Opéra de Paris, de passage à Bruxelles, qui qualifie les autres clarinettes d'"instruments barbares".

Mais déjà, cette création provoque la jalousie du soliste de la "Grande Harmonie royale" de Bruxelles, qui refuse de l'utiliser parce que, dit-il, elle vient du "chétif élève Sax". "Jouez donc de votre clarinette, répond Sax, et je jouerai de la mienne." Le défi accepté, Sax triomphe devant quatre mille personnes. Il devient soliste et a inventé le saxophone.

C. Vandelois