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Dinant est passé en quelques mois de 350 à 416 allocataires du CPAS

A Dinant, le nombre de personnes bénéficiant du revenu d'insertion est passé cette année de 350 à 416. Un probable impact du COVID, selon la présidente Delphine Claes.

Quel a été l'impact du Covid sur les publics précarisés à Dinant, notamment les personnes émargeant au CPAS?

L'impact principal n'est pas nécessairement sur les personnes déjà précarisées au début de la crise mais bien sur les personnes qui étaient entre deux eaux, qui avaient un emploi précaire et qui se sont retrouvés sans revenus du jour au lendemain sans avoir droit à une aide du chômage. Pour ces personnes, cela a été dramatique.

Dans quelle proportion?

A l'heure actuelle, nous avons 416 personnes recevant le revenu d'insertion alors qu'on était à 350 en décembre 2019. C'est vraiment très important. Nous pensons que c'est dû aux cas de personnes qui travaillaient en interim ou qui avaient un complément du revenu d'insertion et qui ne touchent même plus l'équivalent du revenu d'insertion. 

Ce qui va à nouveau alourdir la charge de travail du CPAS mais aussi alourdir la charge financière pesant sur le CPAS.

Oui la charge de travail s'est alourdie, non seulement avec les nouveaux allocataires mais aussi au niveau de changements de statuts chez des allocataires existant: des personnes qui avaient un complément de revenu en travaillant un jour par semaine et qui ont perdu ce complément. Mais au niveau des finances, nous avons eu la chance d'être soutenu par le fédéral: on a reçu des subsides importants à octroyer aux personnes dans le besoin ainsi qu'une augmentation de la prise en charge des revenus d'insertion. 

Au niveau des aides ponctuelles à octroyer, avez-vous reçu beaucoup de demandes?

On a reçu une somme importante pour pouvoir aider les gens en difficulté suite à la crise Covid, cela va de la prise en charge de factures d'énergie à de l'aide pour le loyer, aide pour la rentrée scolaire, etc. Et c'est compliqué pour nous de toucher ces personnes, ce n'est pas dans l'habitude du CPAS de faire de la pub vers ces personnes qui ont peur de franchir la porte. Or, on est là pour donner un petit coup de pouce ponctuellement dans le cadre de la crise à quelqu'un qui d'habitude n'a pas besoin du CPAS mais se retrouve financièrement "juste-juste" suite à un chômage économique par exemple.

Avez-vous distribué beaucoup de ces aides?

Les demandes commencent à arriver petit à petit. Mais une grande demande des CPAS est de pouvoir utiliser ce subside au-delà du 31 décembre: on s'imagine bien que la crise ne va pas s'arrêter parce qu'il y a un changement d'année. Pour l'instant, donc nous octroyons un peu ces aides mais ce n'est pas représentatif, je pense, de la vraie situation dans laquelle les gens se trouvent.

A Dinant, le nombre de personnes bénéficiant du revenu d'insertion est passé cette année de 350 à 416. Un probable impact du COVID, selon la présidente Delphine Claes.

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