Dinant 5500

Deux mois de code rouge: "Plus compliqué pour la 3e et la rhéto"

Après deux mois de code rouge, le Collège Notre Dame de Dinant ne constate pas de décalage significatif. Globalement dans les écoles, deux années très formatives doivent être encadrées avec attention.

Depuis deux mois, Emile et Sarah passent cinq jours en classe puis cinq jours en visioconférence. Ils sont en quatrième secondaire et pour eux ce code rouge était surtout un rythme à prendre. Emile Cassart explique:

Personnellement, je vis plutôt bien la situation, ça va, ça ne me dérange pas. Maintenant, il y en a peut-être d'autres que ça affecte un peu plus, ceux qui ont déjà des difficultés à l'école, à la base. C'est un peu plus compliqué pour le réveil. Une semaine, on va se réveiller à 8h - 8h15 pour les plus flemmards - et l'autre semaine, moi personnellement je me lève à 6h30. Donc il y a une heure et demie de différence en une semaine.

La principale difficulté qu'il relève à la maison, c'est la concentration. Surtout quand des distractions sont à portée de main. Sarah Ferrari confirme et ajoute:

Se concentrer, rester focus sur l'ordinateur, cela fait aussi un peu plus mal à la tête, à force de rester tout le temps sur les écrans.

Globalement, selon le directeur du collège Alain Koeune, de nouvelles habitudes se sont installées et le système fonctionne, même si ce n'est évidemment pas la situation idéale:

La meilleur preuve, c'est que les premiers résultats qui sont tombés à Noël - et qui continuent à tomber - ne montrent pas de décalage, en tous cas dans notre école, par rapport à une année "normale".

Des situations très différentes selon les écoles

Le collège avait déjà entamé bien avant la crise un mouvement vers les outils numériques. Cela lui a facilité la tâche. Mais toutes les écoles n'ont pas eu cette chance, et c'est un facteur qui joue dans les écarts de situations entre établissements. C'est ce que le directeur a constaté au sein de la Feadi, qu'il préside, la fédération des associations des directeurs de l'enseignement secondaire catholique:

Effectivement, les situations semblent très différentes d'une école à l'autre, dépendant essentiellement de l'investissement numérique qui existait déjà: le matériel, la formation des professeurs. Certaines écoles fonctionnent avec du travail envoyé par les plateformes ou par mail, que les élèves doivent réaliser par eux-mêmes, puis ils sont suivis tant que faire se peut ou lorsqu'ils reviennent à l'école. D'autres écoles fonctionnent comme nous avec des cours qui se donnent à distance dans un rythme scolaire qui est traditionnel, normal.

Deux années doivent faire l'objet d'une attention particulière pour éviter le décrochage, pour des raisons différentes.

La première, c'est la troisième année, qui est naturellement un peu plus difficile pour les élèves. C'est le début de l'adolescence, il faut combiner cela avec un projet qui doit se construire progressivement. La deuxième, c'est la rhéto, ou la septième dans l'enseignement professionnel. Tous les événements sociaux sont annulés, les salons d'orientation aussi. Comme la société est dans l'instant présent, attend et vit au jour le jour, les rhétos aussi vivent au jour le jour. A la différence près que eux, l'an prochain, devront être dans leurs études supérieures, dans ce qu'ils auront choisi.

Une note positive: pour les cours en présentiel, le taux d'absentéisme est très bas chez les élèves comme chez les professeurs. Le code rouge a été prolongé jusqu'au congé de carnaval, au minimum.

Après deux mois de code rouge, le Collège Notre Dame de Dinant ne constate pas de décalage significatif. Globalement dans les écoles, deux années très formatives doivent être encadrées avec attention.

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