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Des récoltes de serviettes hygiéniques pour lutter contre la précarité menstruelle

En Fédération Wallonie-Bruxelles, l'association Bruzelle propose des récoltes des serviettes hygiéniques. Une manière de lutter contre la précarité menstruelle et de militer pour la gratuité de ces protections essentielles pour les femmes.

La précarité menstruelle désigne la difficulté ou le manque d’accès des femmes aux protections hygiéniques. Par extension, elle peut aussi désigner l’obligation de faire des choix entre ces protections et d’autres produits de première nécessité comme de la nourriture.

Les règles représentent en moyenne 10 euros pour chaque période de règles selon les calculs établis par Le Monde en 2019. Ce chiffre reprend les protections, les antidouleur, la visite annuelle chez les gynécologues, les dépenses pour des sous-vêtements ou du linge de lit. 10 euros par mois, cela peut représenter un coût pour les femmes précarisées comme les personnes sans domicile fixe ou les étudiantes.

En 2016, l’ASBL Bruzelle a ainsi été créée pour venir en aide à ces femmes qui vivent dans la rue. Le déclic s’est fait lorsque Veronica Martinez, l’une des deux cofondatrices, a rencontré dans le métro une femme menstruée qui n’avait ni protection, ni anti-douleur. Concrètement, l’association a plus de 80 points de récolte et organise des récoltes des serviettes hygiéniques avant de les redistribuer dans des trousses cousues à la main. En 2020, l’association a récolté et distribué près 340.000 serviettes.

Vers la gratuité des protections hygiéniques?

Au-delà de venir en aide aux femmes précarisées, aujourd’hui certaines associations ou organisations politiques revendiquent des serviettes hygiéniques gratuites, remboursées par la mutuelle comme c’est le cas en Ecosse – les députés écossais ont voté en faveur de l’accès gratuit pour toutes en novembre 2020. "On promeut le fait que les femmes sans abri ou en situation précaire puissent bénéficier de la gratuité des serviettes hygiéniques. Mais toutes les femmes devraient pouvoir accéder à ce besoin de manière tout à fait gratuite", expliquait déjà Valérie Machiels, co-fondatrice de BruZelle, à la RTBF en 2019.

En Belgique, la situation a évolué en 2018 avec la diminution de la taxe sur la "protection hygiénique intime". Les produits visés incluent les tampons, les protège-slips, les serviettes hygiéniques et les coupes menstruelles. Le taux a été réduit de 21% à 6%, mais on est encore loin de la gratuité.

Des récoltes partout en Fédération Wallonie-Bruxelles

Durant plusieurs semaines, partout en Fédération Wallonie-Bruxelles, les Jeunes MR ont lancé une grande action de collectes de serviettes - chacune des sections locales a la liberté de s’organiser comme elle le souhaite.

A Ixelles, la récolte s’est ainsi déroulée sur le campus de l’ULB. Du côté de Stavelot-Malmedy, les jeunes libéraux se sont plutôt tournés vers les commerces avec des boîtes en carton. "Le but est de collecter un maximum de serviettes hygiéniques, emballées individuellement. Parce que la serviette est indispensable pour les femmes, malgré elles, et que ce n’est pas accessible à toutes les femmes à cause de leur coût" explique Camille Wartique, présidente de la section Jeunes MR Stavelot-Malmedy.

Tous les dons seront transmis à l’association Bruzelle le 8 mars lors de la journée internationale des droits des femmes.

Maxime Maillet avec Vedia