Dinant 5500

Benoît Mahy, fleuriste à Dinant, commence sa journée à 5h15

Benoît Mahy, fleuriste et patron de la Roseraie à Dinant, fait partie de ces lève-tôt insoupçonnés qui commencent leur journée bien avant l'ouverture de leur commerce. On le suit à la criée de Bruxelles.

Il y a les boulangers, les postiers, les éboueurs, les conducteurs de train... On pense forcément à eux quand on pense aux métiers matinaux. Mais quand vous irez acheter vos fleurs, pensez aux fleuristes qui se rendent à la criée aux fleurs à Bruxelles pour profiter des meilleurs choix aux meilleurs prix...

Benoît Mahy et sa légendaire moustache sont bien connus des Dinantais. Sa Roseraie fait le bonheur des amateurs de belles et rares roses. La plupart des fleuristes s'approvisionnent chez un grossiste, mais Benoît Mahy fait le trajet une ou deux fois par semaine vers Bruxelles pour assister à la criée aux fleurs.

La criée est un monument chez les fleuristes: les producteurs belges et étrangers lui confient leurs fleurs par milliers de lots. 

Le principe: des enchères à l'envers

Pour l'acheteur, la première étape avant l'ouverture de la criée à 5h30 est d'inspecter la marchandise disposée dans les hangars réfrigérés sur des centaines de chariots. Des dizaines de milliers de fleurs et de plantes sont proposées à la vente à chaque session. Une fois les repérages faits, les acheteurs se dirigent vers un immense amphithéâtre. Là, ils se connectent à un terminal, s'identifient, et peuvent suivre quatre ventes simultanées. Le principe est simple: à chaque lot, un appariteur présente les fleurs à la caméra, puis le décompte est lancé. D'immenses cadrans permettent de suivre le prix descendant de chaque lot et c'est au premier qui arrête l'aiguille en pressant son bouton d'achat.

Tout l'enjeu est évidemment d'attendre le prix le plus bas possible en espérant que personne d'autre ne les achètera avant. Acheter au prix le plus bas les fleurs de la meilleure qualité qui soit est l'objectif, mais si on attend trop longtemps, le lot risque de vous passer sous le nez. C'est donc une sorte d'enchère à l'envers.

Benoît Mahy apprécie ce rituel hebdomadaire:

Nous avons trois vies professionnelles en fait: l'achat, puis la création et la vente, et enfin la compta. J'aime venir à la criée, c'est une ambiance spéciale, on se retrouve et on discute entre confrères et puis il y a une adrénaline de la criée qui me manquerait si je ne venais pas.

Benoît Mahy a une astuce pour acheter au meilleur prix:

Quand j'achète un lot à un certain prix et que je me rends compte que le lot suivant de la même fleur part beaucoup plus bas, j'essaie d'acheter un autre lot plus bas également pour avoir un prix d'achat moyen intéressant sur les lots.

La criée a fermé vers 7h30. Le temps pour Benoît de collecter ses fleurs et de les ranger dans sa camionnette, il repart vers Dinant, remet immédiatement les fleurs dans l'eau, avant d'ouvrir à 9h. "Et là je commence vraiment à travailler", sourit-il...

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