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Wallonie: baisse du chômage et hausse continue des minimexés

En Wallonie, le nombre de chômeurs a diminué de 4,8% l'année dernière selon le Forem.

Un recul du chômage qui frise les 5% chaque année depuis 2015. Mais en même temps, la pauvreté, elle, augmente. Car cette baisse de demandeurs d'emplois correspond aussi à une hausse des minimexés. Dans les communes, le nombre de RIS - les revenus d'intégration sociale - ne cesse, lui, de croître.

Plus 30% de minimexés en 5 ans en Wallonie

A Waremme, le nombre de minimexés a même doublé depuis 2014 : il est passé de moins de 50 à plus de 100. A Seraing, le nombre de revenus d'intégration a augmenté d'environ 10% l'année dernière. A Huy, c'est une hausse d'environ 5%. Rare exception : Hannut avec une baisse de 7% due à l'utilisation de l'article 60 pour engager une partie des minimexés selon le président du CPAS local. La Fédération des CPAS de Wallonie  a fait ses comptes : Aujourd'hui, plus de 70.0000 personnes touchent un revenu d'insertion en Wallonie. C'est une augmentation de plus de 30% en moins de 5 ans. 

Ex-chômeurs: un tiers travaille, un tiers au CPAS, un tiers sort des radars

Entre 2014 et 2018, la Wallonie a connu une baisse de plus de 45.000 chômeurs. Et dans le même temps, selon les CPAS wallons, une hausse de plus de 17.000 minimexés. Alors faut-il lier la baisse du chômage à l'augmentation du nombre de bénéficiaires du CPAS ? Le waremmien Luc Vandormael est aussi président de la Fédération des CPAS de Wallonie : "Un tiers des personnes qui sortent du chômage arrivent effectivement au CPAS. Un autre tiers de ces personnes retrouvent du travail. Et le troisième tiers, ce sont des gens qui disparaissent des radars sociaux : ce sont en partie des cohabitants qui ne peuvent pas bénéficier du RIS. Il y a aussi - ce qui est plus inquiétant - des personnes qui ne recourent pas à leur droit soit par gêne, par honte, soit par méconnaissance - ça arrive encore - soit parce qu'ils ne souhaitent plus être sanctionnés." Aujourd'hui, un chômage qui diminue ne rime plus avec une baisse de la pauvreté.

Un transfert de financement de la pauvreté vers les communes

La Fédération des CPAS dénonce aussi un transfert du financement de la pauvreté : "Avant, c'était l'Etat fédéral qui payait 100% des allocations de chômage. Maintenant quand vous avez un minimexé, 45% est payé par la commune, le CPAS. Toutes les personnes qui sont sorties de la solidarité nationale se retrouvent à charge des communes".  A Amay, "la part de la commune est passée de 430 à plus de 750.000 euros pour les RIS", explique le bourgmestre jean-Michel Javaux. 

Erik Dagonnier

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