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Voici pourquoi vous feriez mieux de boire de l'eau du robinet plutôt qu'en bouteille

Une nouvelle vague de chaleur s'abat sur la Belgique.

 Le thermomètre dépasse les 30°C et flirte même avec les 40°C cette semaine. Par de telles températures, il convient de rester hydraté et donc de boire de l'eau sans modération. Deux options s'offrent alors à nous. Eau du robinet ou eau en bouteille ? Voici différents arguments qui pourraient faire pencher la balance. 

L'argument financier

L'eau du robinet coûte BEAUCOUP moins cher que l'eau en bouteille. Selon Aquawal, un mètre cube d'eau (1000 litres) coûterait autour des 5€, soit un demi cent par litre. L'eau la moins chère qu'on ait pu trouver en supermarché coûte 18 cents le litre. C'est 36 fois plus. Et bien d'autres marques et formats coûtent plus cher, parfois plus d'un euro le litre, soit 200 fois plus cher que l'eau du robinet. 

L'argument qualité

Dans l'argumentaire des fournisseurs d'eau en bouteille, on retrouve souvent l'origine souterraine de l'eau, qui serait pure à la source.

Exactement comme 60% de l'eau de distribution en Belgique, à laquelle on ajoute juste un peu de chlore pour éviter une contamination, lors du parcours de l'eau depuis le site de captage jusqu'à votre robinet. 

Les 40% restants sont des eaux de surface, captées dans les rivières ou les fleuves par exemple, qui subissent un traitement chimique qui les rend propre à la consommation et d'une qualité plus ou moins équivalente à l'eau de source.

L'eau du robinet est plus contrôlée que les eaux en bouteille. Des dizaines d'appareils analysent l'eau en temps réel et des analyses complémentaires à la main sont réalisées régulièrement. Les problèmes de qualité touchant l'eau du robinet sont généralement dus à de la plomberie vétuste chez les particuliers.  

L'argument santé

Boire de l'eau en bouteille n'est pas forcément meilleur pour la santé. Certaines eaux minérales en bouteille ont des propriétés intéressantes, comme une eau riche en magnésium qui favorise le transit intestinal par exemple. Cela permet donc de pouvoir choisir son eau en fonction des minéraux qu'elle contient et en fonction de ses besoins, mais attention à ne pas boire tout le temps la même eau, trop riche en certains minéraux. Il est préférable de varier.

L'eau du robinet, elle, est généralement moins minéralisée que les eaux en bouteille et présente moins de risques d'excès de minéraux. Elle répond aux standards de potabilité établis par l'OMS. 

Un autre aspect auquel on pense moins : la présence de micro-plastiques dans l'eau en bouteille. Elle serait en moyenne deux fois plus élevée que dans l'eau du robinet, si l'on en croit les observations d'Orb Media avec l'Université d'Etat de New York. Les bouteilles en verre ne sont pas non plus synonymes d'absence de micro-plastiques.  

L'argument écologique

En Belgique, 90% des bouteilles d'eau consommées sont en plastique. Faut-il le répéter, le plastique n'est pas le meilleur ami de l'environnement. Et puis, il faut produire ces bouteilles, transporter l'eau embouteillée par camion jusqu'aux points de ventes. Les bouteilles en verre, elles, génèrent encore plus de CO2 à la production. Selon une étude de Bio Intelligence Service, commanditée par la firme Tetrapack, 325g de CO2 sont ainsi émis pour chaque bouteille d'un litre en verre que l'on produit, contre 129g pour une bouteille d'un litre en PET. 

Au transport aussi, les bouteilles en verre, étant plus lourdes, génèrent plus de CO2. 

Après les avoir produites et transportées, il faut maintenant recycler ces bouteilles, ce qui consomme encore de l'énergie. D'ailleurs, une partie des bouteilles n'est tout simplement pas recyclée.

Tous ces facteurs contribuent à rendre l'impact écologique de l'eau en bouteille de 90 à plus de 1000 fois supérieur à l'eau du robinet, selon une étude de la Société suisse de l'industrie du gaz et des eaux (SSIGE).  

L'argument goût

Le seul argument qui pourrait faire pencher la balance en faveur de l'eau embouteillée, c'est le goût. Quand on achète de l’eau en bouteille, on sait quelle marque on aime et on est sûr qu’on va apprécier l’eau qu’on va boire. L’eau du robinet, par contre, c’est un peu une loterie en fonction d’où on se trouve. C'est vrai qu'à certains endroits, l'eau du robinet n'a pas un bon goût et ne donne pas envie de la boire. Dans ce cas-là, l'eau en bouteille n'est pas la seule solution. Différentes solutions de filtration existent et permettent de donner un goût plus neutre à l'eau. Il s'agit bien souvent d'un investissement, mais qui serait peut-être plus intéressant que de payer au moins 36 fois plus cher pour son eau à chaque fois. 

L'eau en bouteille reste en progression

En Belgique, la consommation d’eau en bouteille est en constante augmentation depuis 2012. Selon la Fédération Royale de l'Industrie des Eaux et Boissons rafraîchissantes (FIEB), les Belges ont consommé 1502 millions de litres d'eau embouteillée en 2017. Une augmentation de 17% en 5 ans. Les chiffres de 2018 tardent à arriver, mais, du côté de la FIEB, on annonce des chiffres toujours en hausse. Il est encore trop tôt pour évaluer si les marches pour le climat et les appels à utiliser des gourdes plutôt que de boire de l'eau embouteillée ont eu un réel impact sur la consommation. Il faudra probablement attendre les chiffres de 2019 pour constater ou réfuter une baisse sur les ventes de bouteilles.

En attendant, chaque minute, plus d'un million de bouteilles en plastique sont vendues dans le monde. 

 

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Pierre Galhaut pour Vews

Retrouvez l'article original sur RTBF