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Sexisme en rue: comment s'organise la lutte contre la discrimination sexiste en Belgique?

Demain, cela fera un an que deux journalistes du New York Times révélaient au grand jour les agissements du producteur hollywoodien Harvey Weinstein.

 Cette enquête a mis au jour trois décennies de harcèlement sexuel. Elle a aussi marqué le début de l’affaire Weinstein et dans la foulée, l'apparition du hashtag #Metoo.

L’onde de choc s’est propagée à l’ensemble des lieux de pouvoir du monde occidental, jetant mettant le focus sur la réalité des rapports hommes-femmes. Hasard du calendrier, aujourd’hui débute à Paris le procès de l’homme qui a violemment agressé Marie, cette jeune Parisienne, dans les rues de la capitale française l’été dernier.

Chez nous, à Charleroi par exemple, policiers et gardiens de la paix ont reçu des formations pour repérer et combattre ce type de comportement. Mais malgré cela, trop souvent encore les victimes ne vont pas déposer plainte.

Comprendre ce qu'est le sexisme

"On repère assez rapidement les comportements inhabituels", note Aurélien Babuine, agent de la paix qui sillonne chaque jour les rues de Charleroi, attentif à tout comportement sexiste. Les regards, les gestes, les sifflements, aujourd'hui, rien n'échappe au regard de l'agent.

Avec ses collègues, Aurélien a reçu une formation organisée notamment par Gemaëlle Corsini, de la Maison Plurielle : "L’objectif était de pouvoir les informer sur ce qu’est le sexisme, explique la jeune femme. Ce ne sont pas que des sifflements, c’est aussi du non verbal. Ce sont des insultes et ça peut aller jusqu’à des violences sexuelles".

Une loi pour tout changer

Si de telles opérations sont aujourd'hui organisées, c'est grâce à la loi du 3 août 2014, qui vise à lutter contre le sexisme dans l’espace public. Cette loi qui, en juillet, affichait un bilan en demi teinte permet aux victimes d'aller déposer plainte à la police. Désormais, les policiers "identifient les faits". "Cela nous permet de rédiger les bons procès-verbaux, d’activer le phénomène discrimination et délit de haine, pour ensuite transmettre les dossiers au Parquet", témoigne , David Quinaux, porte-parole de la police de Charleroi.

Pourtant, on estime à 52% le nombre de femmes femmes qui, en Belgique, ne connaissent pas cette loi et/ou ne veulent pas réagir en cas d’agression. "Ça n’a pas beaucoup d’ampleur, donc on ne se dit pas qu’on peut aller porter plainte, aller jusque-là juste pour des paroles ou une bousculade", répond une passante carolo. De fait, elles ne sont que 3% des victimes à déposer plainte.

Sexisme et traumatisme

Or, une agression sexiste peut s'avérer traumatisante : "Le fait d’aller porter plainte peut être comme revivre une deuxième fois ce que l'on a vécu, donc c’est dur aussi. L’acte de porter plainte n’est pas à banaliser non plus", souligne Pauline Legros de Vie Féminine.

Face à ce constat, les autorités sont conscientes de l’importance d’une sensibilisation large qui touche tous les secteurs de la vie publique, à commencer par la police.

RTBF

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