Ohey 5350

Les écrevisses américaines envahissent les cours d'eau wallons

Trouver une écrevisse dans les cours d’eau wallon à cette saison est difficile. Trouver l’espèce indigène est encore plus compliqué.

L’écrevisse pieds rouges ne se trouve que dans de rares endroits, le plus souvent fermés, isolés, car l'écrevisse a déserté nos rivières. Pour la rencontrer, mieux vaut se rendre au Centre Riveo, le Centre d’interprétation de la rivière, situé à Hotton. On y trouve l’espèce indigène, mais aussi d’autres espèces, classées sur la listes des espèces invasives, les écrevisses d’Amérique du Nord.

Dans un aquarium, isolées des autres espèces, le visiteur peut observer la petite américaine et l'écrevisse de Californie. Des espèces responsables du déclin des pieds rouges nous explique Philippe Struys, animateur au centre. "Elles sont porteuses de l'aphanomycose, porteuses saines, donc elles ne contractent pas la maladie, mais une fois en contact avc l'écrevisse indigène, la maladie se propage. Autre élémént, l'écrevisse de Californie a un taux de reproduction beaucoup plus important que l'écrevisse indigène, elle a deux à trois fois plus d'oeufs que l'écrevisse pieds rouges." L'écrevisse de Californie a ainsi colonisé les rivières wallonnes.

Une autre espèce invasive a fait son apparition plus récemment, l’écrevisse rouge de Louisiane. Un spécimen a été péché à Floriffoux, dans la Sambre, près de Namur.

Ses taches rouge vif font le bonheur de certains aquariophiles, mais ce crustacé inquiète les spécialistes. Il est aussi porteur du champignon qui décime l’écrevisse indigène, et cause aussi de nombreux dégâts sur les berges des cours d’eau.

La maison wallonne de la pêche et le centre Riveo ont pour mission l'information, et la conscientisation. Leur but commun : limiter la dispersion de ces espèces introduites par l'homme. Parfois pour un élevage exotique, coloré, parfois pour le commerce. Les écrevisses d’Amérique du Nord se développent plus vite, et se reproduisent plus vite.

La pêche de l’écrevisse à pieds rouges est interdite, l’espèce étant protégée. Et depuis août 2016, la vente, l’import, l’export, l’élevage et le transport des écrevisses  invasives sont interdits. Une seule exception est à noter, concernant le transport d’écrevisses pour être consommées dans un cadre familial.

Aujourd’hui, la Région wallonne doit relever un véritable défi. Maintenir les populations indigènes, tout en luttant contre l'invasion des espèces exotiques.

Céline Liegeois

Retrouvez l'article original sur RTBF