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La saison du rhume des foins a démarré un peu plus tôt que prévu et pourrait être intense

Pas de répit pour les personnes allergiques au pollen. Après les bétulacées (les arbres comme le bouleau, le noisetier ou l'aulne), c'est au tour des graminées d'émettre leur pollen. C'est la période, plus communément appelée, du "rhume des foins".

 Pour les personnes sensibles cela peut signifier un ou plusieurs symptômes comme le rappelle le centre de recherche fédéral Sciensano : picotements, démangeaisons, larmoiements, rougeurs aux yeux, éternuements, nez bouché, sinus encombrés, perte d’odorat et de goût, écoulements nasaux et, dans certains cas, des démangeaisons à l’arrière de la bouche et dans la gorge. 

Comme vous pouvez le voir dans le tableau, ci-dessous, différents types de pollens circulent dans l’air entre les mois de janvier et septembre :

Les graminées, elles, poussent un peu partout. Ce sont toutes ces plantes à fleurs que l'on trouve dans les prairies, les fossés, en forêt, sur les bords des routes, dans les gazons, que ce soit à la campagne ou dans les villes. Les céréales comme le blé, l'orge ou le maïs font aussi partie des espèces de graminées. 

Le seuil critique largement dépassé

L'alerte a été lancée vendredi dernier par le réseau national de surveillance du pollen. La concentration en pollen de graminées dépasse largement le seuil critique de 50 grains de pollen par mètre cube d'air à Bruxelles* depuis quatre jours : 

Date Nombre de grains de pollen par m3
Jeudi 24 mai 2018 91
Vendredi 25 mai 2018 65
Samedi 26 mai 2018 163
Dimanche 27 mai 2018 126

Ce lundi matin encore, la concentration en pollen de graminées atteignait déjà 43 grains/m3 à 8h30. 

Ailleurs, le seuil a également été dépassé à Marche-en-Famenne et à Tournai.

Selon Lucie Hoebeke, collaboratrice scientifique au centre de recherche fédéral Sciensano, les conditions météorologiques sont favorables à ces fortes concentrations. "Le fait qu'il fasse chaud et venteux, cela favorise les taux de concentration élevés". Et si la pluie peut "temporairement" aider, cela ne dure jamais longtemps : "Dès qu'il fait sec, les pollens sont remis en suspension"

Une année exceptionnelle ? 

"Si cette année la saison des graminées a commencé très tôt (avec une grosse semaine d'avance), comme l’a été celle des arbres, il n’est pas possible de prédire si elle sera aussi intense", explique Lucie Hoebeke, "la saison ne fait que débuter". 

Reste que la météo, telle qu'elle est annoncée pour ces prochains jours, devrait continuer à favoriser ces taux de concentration élevés.  

Une année record pour le bouleau

La collaboratrice scientifique reconnaît qu'au niveau des bouleaux, la saison a été "fort intense" avec "le plus haut pic jamais enregistré à Bruxelles depuis 10 ans" : 2892 grains/m3 alors que le seuil est de 80 grains/m3, explique-t-elle. C'était le 9 avril dernier.

Autre record, toujours pour le bouleau : un dépassement de seuil "pendant 17 jours consécutifs", alors qu'en moyenne on ne dépasse pas la dizaine de jours. 

Lucie Hoebeke constate que "ces dernières années les dépassements de seuil sont beaucoup plus fréquents"

Quant à savoir si c'est dû au réchauffement climatique, "c'est difficile à confirmer". Par contre, elle pointe du doigt l'urbanisation sans cesse croissante : "On construit de plus en plus à Bruxelles et il y a de moins en moins d'espaces verts, d'espaces sauvages".  

*Précisons que la station de Bruxelles est prise comme référence car c'est la seule station fixe qui existe en Belgique depuis 1982. Les données y sont enregistrées plusieurs fois sur la journée. Pour les autres stations, les données ne sont mises à jour qu'une fois par semaine. 

 

 

Céline Biourge

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