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Faut-il supprimer le cours de religion à l'école?

Le débat a été récemment relancé avec l’apparition du cours de citoyenneté, qui est venu "prendre la place" dans l’enseignement officiel d’une des deux heures du cours de religion ou de morale.

Pour réfléchir à la question, Arnaud Ruyssen était en présence de l’abbé et théologien Gabriel Ringlet, et d’Antoine Janvier, professeur de philosophie politique à l’Université de Liège.

Et pour le théologien, la question est en fait mal posée : "La question n’est pas : faut-il un cours de religion ou non ? Je pense qu’il faut un vrai cours de philosophie, et (il insiste) un vrai cours de sciences des religions et laïcité. Et puis, si possible, que chacun selon sa conviction puisse suivre, en option, l’approfondissement d’une laïcité ou d’une religion particulière".

Étape partielle

Concernant l’introduction d’un cours de philosophie, Antoine Janvier va dans le même sens. Il rappelle que cette notion de philosophie, même si on l’oublie parfois, fait déjà partie du cours de citoyenneté donné depuis peu dans l’enseignement officiel : "On dit cours de citoyenneté, mais, en fait, le terme exact est cours de philosophie et citoyenneté (CPC). C’est donc une première étape vers un cours de philosophie. Mais c’est une étape partielle, car ce n’est qu’une heure de cours par semaine dans la grille horaire. Et puis aussi car c’est donné seulement dans l’enseignement officiel".

Dans l’enseignement libre, un programme plus diffus, plus dilué doit intégrer ces questions, mais sans y accorder une heure spécifique. "Ces matières sont réparties sur plusieurs cours", explique l’abbé Ringlet. Mais ce n’est pas efficace selon Antoine Janvier : "C’est un compromis politique qui est un non-sens pédagogique. On ne peut pas considérer que l’éducation à la philosophie diluée à travers les cours existants soit une affaire sérieuse. C’est un peu comme si on vous disait : 'On va supprimer le cours de maths, mais on le verra un peu à travers les sciences et la géographie'".

Deux cours différents et distincts, alors ?

Pour les deux intervenants, avoir un cours de philosophie d’un côté, et un cours de "Science des religions et de la laïcité" de l'autre, serait positif. Reste à imaginer comment caser ces matières dans une grille horaire déjà chargée. Le cours de philosophie et citoyenneté demande déjà de passer à deux heures plutôt qu’une...

Camille Toussaint

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