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Edgard Dache : 7 jours sur 7 au service de ses groupes facebook infos radars partout en Wallonie et à Bruxelles

Connaissez-vous les groupes facebook « infos radars » créés par Edgard Dache ? Ceux-ci visent à communiquer aux citoyens des informations routières importantes telles que les embouteillages, les accidents de la route mais aussi les contrôles de police. Ce community manager carolo tombé dans la marmite de Facebook un peu par hasard comptabilise plus de 650.000 membres parmi ces groupes.

Actuellement, l'ensemble des groupes "Info radars" représente l'une des plus grandes communautés belges en termes de membres avec un total en constante évolution d'environ 650.000 utilisateurs selon son créateur. 

Mais qui, justement, tient les manettes de cette "machine de guerre digitale" déclinée région par région, voire province par province?

Interview avec Edgard Dache, fondateur des "info radars", père et grand-père de 50 ans de la région de Charleroi.

Découvrez la carte interactive des groupes info radars en cliquant ici.

Qui sont les 650.000 utilisateurs de vos groupes Facebook "Info radars" ?

"Dans mes groupes que je gère avec ma fille Chloé et une amie Aude, toutes les couches sociales de la société sont représentées. On y retrouve tous les âges : de 16 à 70 ans. Et quasi autant de femmes (45%) que d’hommes (55%). Les informations que nous publions quotidiennement intéressent autant les jeunes possédant des mobylettes débridées souhaitant éviter les contrôles que des travailleurs voulant s'épargner les tracas liés aux embouteillages, accidents, etc. sur leur trajet. Nous comptons aussi des politiciens et d’autres personnes de très haut rang…"

Comment est née l’idée de créer ces groupes ?

"Il y a de cela trois ans et demi, avec mes proches, nous échangions régulièrement des SMS. Ceci afin de nous prévenir les uns et les autres des barrages, etc. et gagner du temps lors de nos trajets. Ensuite, comme cela rendait notre vie plus agréable, j’ai cherché à mettre en place un système encore plus pratique. C’est à ce moment-là que mon regard s’est tourné plus attentivement vers Facebook. Avant, ce réseau social, je ne voulais pas en entendre parler ! Pour moi, dès qu’on met un pied sur Facebook, on peut dire "Adieu, veau, vache, cochon, couvée" à notre vie privée ! Mais je m’y suis quand même inscrit pour créer des groupes que je trouvais et trouve toujours utiles. Le premier a rapidement engrangé plus de 100 membres en une semaine. Ensuite, l’effet boule de neige a commencé. Après avoir créé le groupe principal "Infos radars mobiles et contrôle-Charleroi", j’en ai lancé d’autres, ciblés par région."

Quelles régions couvrez-vous ?

"Nous couvrons toute la Wallonie. C’est-à-dire depuis la frontière avec le Luxembourg jusqu’à la frontière flamande avec Mouscron. Nous partageons aussi les informations routières relatives à Bruxelles, le Grand-Duché de Luxembourg et aussi une dizaine de départements en France."

En postant toutes ces informations, quel est votre objectif ?

"J’aime aider les gens. Avec tous ces contrôles policiers, j’estime que l’on subit un véritable racket. J’ai proposé aux forces de l’ordre de collaborer, je n’ai jamais eu de réponse. Mais j’ai quand même l’espoir que la situation change. Via mes groupes, l’air de rien, j'exerce une pression politique qui j’espère, un jour, sera entendue afin de faire évoluer cette situation que je trouve injuste."

Comment gérez-vous cette montagne d'informations ?

"Je travaille entre 12 et 15 heures par jour et ce, sept jours sur sept. Cela fait trois an et demi que je n’ai plus pris de congés. Et cela me plait, car on est là pour aider les gens. Aussi, je suis admirablement secondé par deux femmes : Chloé, ma fille et une amie Aude sont également administratrices des groupes que j’ai créés. Sans elles, ce serait mission impossible ! Car je ne suis qu’un homme vous savez… Un homme un peu macho mais surtout galant, respectueux et admiratif devant les compétences intellectuelles des femmes. Et oui, j’assume totalement ce côté paradoxal !".

A travers tous ces échanges de messages, quelle a été votre expérience la plus marquante ?

"Lors des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, j’ai pris la décision de fermer tous les commentaires et de ne plus rien publier comme information sur mes différents groupes. Je prends mon rôle de modérateur très à cœur et à ce moment précis, quand l’OCAM a élevé le niveau d’alerte nationale à 4, j’ai agis, au mieux selon moi, par rapport à mes responsabilités. Je ne voulais pas en effet que des informations circulant sur mes groupes, parfois liées donc aux lieux où la police fait des contrôles, puissent laisser l’opportunité à un terroriste de s’en tirer."

"Une autre expérience, d’un autre type, plus personnelle, m’a aussi énormément marqué. Je suis grand-père depuis plus d’un an. Quand ma belle-fille allait accoucher, elle était bloquée dans la circulation avec mon fils. Deux miracles se sont produits. Le premier, c’est l’aide reçue des policiers ayant reconnu mon fils comme étant celui du créateur des groupes Facebook. Ces derniers étaient déjà fort connus à l’époque. Bref, les deux policiers ont escorté le jeune couple avec bienveillance, sur leur moto de service, jusqu’à l’hôpital ! Le deuxième miracle de ce jour fût bien entendu la naissance d’Antoine."

Cette notoriété, comment la vivez-vous ? Vous sentez-vous « célèbre » ?

"Certainement pas ! En tous cas, le fait que l’on me reconnaisse dans la rue ne m’est pas monté à la tête. Parfois on me dit "Ah, c’est vous Monsieur Radar ?!" et cela m’amuse. J’ai aussi des détracteurs bien sûr…"

De nos jours, les réseaux sociaux et Facebook en général sont des outils parfois mal utilisés. Certains messages peuvent blesser d’autres personnes. Quel est votre conseil à donner aux utilisateurs de facebook en général ?

"C’est certain. Aujourd’hui, la plupart des gens sont actifs sur Facebook. Mais c’est malheureusement devenu, dans l’ensemble, une cacophonie inaudible. Les gens sont devant leur écrans et certains oublient parfois qu’au-delà des règles légales à respecter, il y a aussi un savoir-vivre élémentaire, un respect de base et une responsabilité à exercer lorsque l'on s’exprime sur Facebook. Mon conseil est de réfléchir avant de poster, réagir. Tout simplement se poser la question suivante :

ce que l'on s’apprête à écrire, à envoyer comme message à quelqu’un : aimerions-nous nous-même qu’on nous le dise et de cette manière ?".