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Bpost: les raisons des cinq jours de grève prévus le 7 novembre

Bpost sera bientôt paralysé pendant 5 jours par un nouveau mouvement de grève.

Le front commun syndical l'a annoncé hier soir par voie de communiqué. Des grèves tournantes vont avoir lieu du 7 au 12 novembre. De quoi perturber fortement la distribution du courrier.

Les syndicats avaient déposé un préavis de grève il y a six jours déjà, mais sans en dévoiler les modalités pratiques d'application. Des syndicats en front commun CGSP-CSC-SLFP qui dénoncent les économies, la surcharge de travail et le manque de personnel. "Les raisons évidemment sont multiples. La situation sur le terrain est catastrophique, du jamais vu. Malgré nos mises en garde depuis des mois et des années, et avec un dialogue dans l'entreprise qui devient un dialogue de sourds. Il y a surcharge de travail; c'est réorganisation sur réorganisation et cela ne marche pas", explique Jacques Lespagnard de la CGSP Poste. On supprime de l'emploi et dès lors on doit réengager parce que la nouvelle organisation ne fonctionne pas; les travailleurs sont mécontents. Mais il manque toujours du personnel, un manque particulièrement criant d'ailleurs côté néerlandophone, mais le malaise est général. Et la nouvelle vision stratégique de l'entreprise qui va tout bouleverser nous inquiète aussi."

Le CEO de BPost, Koen Van Gerven,  a répliqué par courrier interne au personnel. Il dit "comprendre l'inquiétude que les changements dans l'entreprise causent chez certains collaborateurs" et qu'il "va faire de son mieux pour y apporter une réponse de sorte que tout le monde puisse participer à notre futur". Tout en précisant que les projets d'avenir doivent permettre à BPost de rester saine financièrement et pertinente.

Il souligne aussi que des recrutements sont en cours. 250 recrutements le mois dernier a précisé son service de communication. Ce à quoi les syndicats répondent que le problème reste celui de la formation. Selon eux, on ne forme pas le nouveau personnel en deux jours. 

Le CEO qui disait alors relancer un appel au dialogue social. Mais les syndicats n'ont toujours rien vu venir : "Aucun retour envers les organisations syndicales, depuis que le préavis de grève est déposé, comme quoi l'entreprise voudrait discuter avant que nous ne passions à l'action de grève, ce qui est tout de même plutôt étonnant. Le seul retour que nous avons eu c'est ce flash, ce courrier interne au personnel. Un flash qui dit 'tout va bien, le dialogue social existe et va continuer' et qui est un peu de la provocation, c'est se moquer du monde. Il y dit déjà que l'action de grève ne va rien amener... On continue dans notre stratégie : préavis de grève et si on ne répond pas au préavis de grève correctement, c'est la grève !"

Grèves tournantes tous azimuts

Selon les syndicats réunis en front commun, la volonté de faire grève est élevée chez les travailleurs. Le premier jour - mercredi 7 novembre -, ce sont les centres de tri qui seront à l’arrêt, suivis par le service transport - jeudi 8 -, puis la distribution les jours suivants, ainsi que le call-center, les facteurs et les services logistiques. Cinq jours durant donc.

A souligner que sans attendre le calendrier d'actions du 7 au 12 novembre certains bureaux de Poste se sont déjà mis en grève ces lundi et mardi, en région liégeoise : Herstal, Visé, Soumagne, Blegny et Bassenge notamment. Aucun courrier distribué dans ces communes. Les agents de Bpost du bureau d'Herstal poursuivent ce mercredi leur troisième jour de grève. Une assemblée du personnel est programmée vendredi afin de faire le point sur la situation, précise la CSC-Transcom Liège-Verviers. A Visé, le travail a par contre repris.

Fabien Van Eeckhaut

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