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Colonel Gustave, la gamelle saine et responsable

Arnaud Gustin et Arnaud Henroz se sont lancés pendant le confinement dans un nouveau projet : concocter des croquettes pour chiens en circuit court.

Colonel Gustave, c'est un produit que vous pourriez bientôt donner à votre chien. Qui ne s'est jamais demandé d'où provenait et surtout ce qu'on mettait dans les croquettes chez le meilleur ami de l'homme? C'est de ce constat qu'est parti l'idée de Colonel Gustave. "Juste avant le confinement, je me suis réorienté, je voulais refaire des formations. J'ai démissionné, mais le confinement est tombé. Sans job et donc avec ces formations annulées, je me suis mis à la recherche d'idées, mais aussi d'un nouvel emploi", nous déclare Arnaud Gustin, l'un des deux créateurs de la marque. 

Et d'ajouter : "Et puis, Arnaud Henroz (ndlr : l'autre cofondateur) m'a contacté pour me demander de se lancer avec lui sur un projet un peu fou. Arnaud avait accueilli chez lui un chien braque hongrois. Mais l'élevage dans lequel le chien avait été élevé lui donnait des croquettes d'une marque connue qui ne donnait pas envie à Sierra de se nourrir. Rapidement, le chien ne mangeait pas et Arnaud ne comprenait pas. Il s'est renseigné un peu partout et il s'est dit qu'il y avait quelque chose à faire. Élaboré des croquettes sans trop de céréales, avec beaucoup de viandes et surtout local."

 

Du local à presque 100%

Avec le confinement et sans job, Arnaud est rentré de pleins pieds dans ce projet. S'en suit des études de marché afin d'arriver au meilleur produit possible, tant au niveau nutritionnel, qu'au niveau packaging. Avec comme idée principale, créer un produit le plus possible local : "On est à 95%, car il y a des ingrédients qui sont introuvables en Belgique. Certaines vitamines. Il y a aussi eu une dimension écologique en ce qui concerne l'apport d'omage 3. On pouvait mettre une huile de poisson, mais on a trouvé une algue qui vient d'Amérique. Et avec une tonne de cette algue, on sauve 60 tonnes de poissons", ajoute Arnaud.

S'en suit des tests afin d'avoir la meilleure recette possible : "On a travaillé avec un nutritionniste pour chiens. Car si on regarde un peu la composition des croquettes, il y a pas mal de céréales, ce qui n'est pas le top pour l'animal qui développe des intolérances au gluten. Et puis ces croquettes sont bourrées de glucides qui font grossir le chien."

Si la recette finale devrait arriver début de semaine prochaine, en ce qui concerne le packaging, il est prêt : "Oui, il fait 6kg. Il est facile à porter et recyclable, car en carton. On a dû un peu voir comment on allait faire, car les croquettes, c'est assez gras et il ne fallait pas que la boite craque."

Et qui dit produit local, dit aussi production locale. Un casse-tête pour les deux entrepreneurs. Car si au départ, la volonté était de produire eux-mêmes les croquettes pour chien, ils se sont rapidement rendu compte qu'au vu des volumes nécessaires, il serait impossible d'y arriver. "On a donc trouvé un producteur du côté de Gand, qui produit déjà des croquettes pour des grandes marques (United Pet Foods). Ils nous ont épaulé et on a essayé via notre réseau de trouver d'autres ingrédients. On a trouvé des agriculteurs qui cultivent des petits pois, des orties, du poulet. Et ça a fonctionné. Notre recette se base à 45% sur la viande fraîche de poulet (sans bec, ni os, ni cartilages) et pour le reste sur des fruits et légumes locaux: betteraves, pois, poires, chicorées, orties…"

Un crowfunding, des précommandes et une vente par Internet

S'il n'est pas encore question de trouver les croquettes dans tous les magasins, nos deux entrepreneurs veulent d'abord tester le marché. Mais aussi avoir une base financière de départ. "Le lancement de la production nécessite un volume minimum de 10 tonnes, financées sur fonds propres…"

Du coup, Colonel Gustave est passé par la case crowfunding, afin de voir si le produit plait. Dans un premier temps, les commandes passeront via cette plateforme. Mais après, il sera possible de commander les Colonel Gustave via l'eshop et probablement dans des magasins : "Oui, on est en contact avec des magasins de proximité et aussi des chenils", conclu Arnaud.

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Pierre Lambert