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Usine à tarmac à Assesse : l'entrepreneur revoit ses plans mais ne convainc pas

L'usine à tarmac d'Assesse sera beaucoup moins haute qu'annoncé, promettent les deux entreprises à la manoeuvre (Nonet et Sotraplant).

La cheminée culminera à 30 mètres au lieu de 45 ce qui réduira l'impact visuel.

Les conséquences sur la mobilité ont aussi été analysées, "dans une études d'incidence qui contient 600 pages", insistent les promoteurs qui se présentent sous l'étiquette "Les enrobés namurois". "Le charroi engendré par les activités de la centrale est compatible avec le gabarit de la N4, et idéalement situé. Des aménagements sont prévus afin d’améliorer la sécurité pour tous les usagers sur la portion de la N4 traversant Sart-Bernard."

Des aménagements purement cosmétiques

Présentés lundi au collège communal d'Assesse, les nouveaux plans sont pourtant accueillis très froidement par les élus locaux, bourgmestre en tête. "Ce sont des aménagements purement cosmétiques, estime Jean-Luc Mosseray. On nous présente des beaux montages photos de l'usine cachée derrière les arbres en été, mais en automne et en hiver, quand les feuilles sont tombées, l'écran disparaît."

L'impact sur la mobilité inquiète aussi beaucoup les habitants et les élus du coin. D'après les calculs du promoteur, l'activité de l'usine pourrait injecter environ 40 camions par heure sur la nationale 4 entre Namur et Ciney. "Elle est déjà très encombrée, constate JL Mosseray. Il y a des bouchons aux heures de pointe. Installer une telle usine à cet endroit, ce n'est vraiment pas une bonne idée."

Bientôt l'enquête publique

L'enquête publique se déroulera dans quelques semaines, mais la majorité communale annonce déjà la couleur : elle refusera le permis. Les promoteurs pourront éventuellement se tourner vers la Région wallonne, en l'occurrence le ministre de l'Aménagement du territoire Willy Borsus, pour obtenir un feu vert.

Mais à ce niveau de pouvoir aussi des voix s'élèvent pour s'opposer au projet. Celle du député socialiste couvinois Eddy Fontaine en particulier, qui a déjà interpellé à ce sujet les deux ministres écolos du gouvernement : Philippe Henry (mobilité) et Céline Tellier (environnement).

"Ce n'est pas le bon endroit pour implanter cette usine, estime Eddy Fontaine. Les villages sont trop proches. Et cela aurait un impact désastreux sur la mobilité. La nationale 4 est déjà embouteillée matin, midi et soir. Il y a d'autres endroits en Province de Namur pour accueillir ce genre d'activités."

Selon Eddy Fontaine, les Enrobés namurois ont refusé plus de dix propositions du Bureau économique de la Province pour installer les Enrobés namurois dans un zoning industriel. En vain jusqu'à présent.

 

 

 

François Louis

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