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Levée de boucliers contre le projet d'usine à tarmac d'Assesse

Deux entreprises de la région namuroise (Nonet et Sotraplant) veulent construire une usine à tarmac à Assesse, entre la nationale 4 et l’E411.

Elles ont déposé une demande de permis d’environnement et ce mardi soir, elles ont présenté le projet à la population. Environ 200 personnes, provenant des villages alentour, ont assisté à cette réunion, divisée en trois séances pour cause de covid. Sans grande surprise, les critiques ont fusé dans l’assemblée.

"Une usine propre, avec des fumées filtrées"

L’usine produirait environ 185.000 tonnes de tarmac par an. "Il en existe déjà beaucoup en Belgique, explique Aurélien Nonet, le responsable du projet, mais pas en province de Namur. Pour les chantiers dans la région, les camions sont obligés d’aller jusqu’à Charleroi, Huy ou Marche-en-Famenne. Le terrain que nous visons à Assesse est idéalement situé, au cœur d’un réseau routier." L’entrepreneur promet une "usine moderne, propre, avec des fumées complètement filtrées. "La fumée qui sortira de la cheminée, c’est de la vapeur d’eau", affirme A Nonet.

Mais les habitants des villages voisins – Sart Bernard, Maillen, Courrière… – ne l’entendent pas du tout de cette oreille. "Les usines à tarmac rejettent évidemment des polluants dans l’air, dénonce Maurice Goethals, porte-parole du Comité N931. Ce sont des HAP, des substances cancérigènes. Le village le plus proche du site est situé juste de l’autre côté de la route, à 100 mètres à peine."

Faux, rétorque A Nonet. "La limite du site est à 100 m mais l’usine à proprement parler serait à 250 m. Et les vents dominants soufflent dans l’autre direction."

Les riverains dénoncent aussi une pollution visuelle. "C’est la porte du Condroz, nous sommes en zone rurale, estime Maurice Goethals. Nous n’avons pas choisi Assesse pour nous retrouver avec des cheminées de 40 mètres en face de notre maison, sinon nous serions allés à Liège ou à Charleroi…"

Six mille camions par an

Les habitants redoutent aussi le trafic de camions venant chercher le tarmac à l’usine. D’après les chiffres fournis par l’entrepreneur, cela représenterait environ un camion toutes les 6 minutes, environ 6000 par an. "C’est à peine 1% du trafic à cet endroit sur la nationale 4", tempère Aurélien Nonet.

Les entreprises entament l’étude d’incidence imposée par la Région wallonne, chargée de délivrer ou non le permis d’environnement. La commune d’Assesse, elle, donnera un avis. Le bourgmestre Jean-Luc Mosseray a déjà fait part de son opposition au projet. Dans une vidéo publiée sur le site du comité N931, il déclare : "je suis contre ce projet et la commune fera ce qu’elle peut pour l’empêcher."

 

 

 

 

François Louis

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