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Les refuges pour animaux sont en danger car les dons sont quasi inexistants

Un peu moins de 200€ par refuge, c’est à peu près la somme que va pouvoir répartir l’Union cette semaine d’après Sarah Bodart. Une somme évidemment insuffisante pour soutenir ses refuges qui vivent difficilement le confinement !

Plusieurs facteurs sont en jeu, mais il est certain que la crise du coronavirus touche les refuges de Belgique.

Nombreux sont ceux qui aujourd’hui se retrouvent au chômage technique, ou ont recourt au droit passerelle. Dans ces conditions, on est beaucoup plus proche de ses sous et moins sensibles à un appel aux dons.

Cette situation, l’UWPA la ressent de plein fouet.

Un appel aux dons difficile

La situation du 28 avril n’a pas changé : " les refuges sont toujours en difficulté. Nous avons reçu environs 5000 euros pour l’instant, ce qui est très généreux mais loin d’être suffisant. " Sarah Bodart souhaite aujourd’hui taper sur le clou.

Plus que jamais, les associations qui viennent en aide aux animaux délaissés ou maltraités ont besoin de soutien !

Pour continuer de soutenir ces associations, leur permettre de surmonter cette crise et d'offrir la sécurité, les soins et une seconde chance aux animaux délaissés ou maltraités : vous pouvez faire un don sur le compte de l’UWPA – Union Wallonne pour la Protection Animale : UWPA - IBAN - BE56 0689 1017 6588

Une marque de nourriture pour animaux, Purina, a pris l’initiative d’offrir son soutien en en donnant 6 tonnes de nourriture. Voyant cette action, l’UWPA a tenté un appel aux marques concurrente... Sans grand succès : " La grande déception c’est Royal Canin. Beaucoup de refuges vendent leurs produits et au moment où nous avons le plus besoin d’eux, on nous a dit non. Comme Cavalor ou Versele Laga où nous n’avons pas de réponse. Almo Nature a accepté de nous soutenir en livrant quelques refuges bien précis. " Déclare Sarah Bodart.

Heureusement, depuis la réouverture des refuges, le 22 avril, les demandes d’adoptions ont augmenté.

Plus d’abandons et plus d’adoptions

Même avant la mi-mars, les refuges enregistraient déjà une augmentation significative des abandons d’animaux.

Une réaction à ce moment inexplicable aux yeux de Stéfan Degallaix, président de l’Union Professionnelle Vétérinaire (UPV). Simplement alimentée par la crainte d’une contamination, il rappelait alors qu’un animal de compagnie c’est certes beaucoup de plaisir mais aussi, et avant tout, une grande responsabilité.

Si aujourd’hui, on ne peut pas parler d’une vague d’abandons similaire à celle d’une période de départs en vacances, le manque de revenus des refuges rend leurs conditions de vie plus difficiles. Les refuges font déjà appel à de nombreux bénévoles et font régulièrement appel à des familles d’accueil pour réussir à remplir leur mission et garder la tête hors de l’eau.

Pendant le confinement, de nombreuses personnes se sont rendues dans les refuges pour adopter des chats ou des chiens.

Cela sauve un peu la situation et leur permet de ne pas être pleins à craquer. La capacité d’accueil des refuges affiliés à l’UWPA aujourd’hui n’est pas critique :

  • 51,5% des refuges sont remplis entre 75 et 100 %
  • 27,3% des refuges sont remplis entre 50 et 75 %
  • 18,2% des refuges sont remplis entre 25 et 50 %
  • 3 % des refuges sont remplis entre 0 et 25 %

Mais sans revenus, le problème reste le même, d’autant que ce qui les inquiète, c’est un éventuel retour de flamme. En effet, beaucoup adoptent ou souhaitent adopter en voyant qu’ils ont le temps de s’occuper d’un animal… Pour le moment. Ces adoptions " coup de tête " sont parfois plus nocives pour les animaux qu’autre chose.

Il n’est pas rare qu’au moindre changement de vie (déménagement, séparation, perte d’emploi, etc.), de nombreux adoptants ne ramènent leurs animaux aux refuges, découvrant qu’un animal provoque aussi des problèmes du quotidien et des frais.

La saison des chatons

Il y a plusieurs moments clés dans le calendrier des refuges pour animaux. On a évoqué les départs en vacances (qu’on espère d’ailleurs très calmes cette année si les Belges ne partent pas dans le sud de la France ou en Espagne par exemple), mais il y a aussi les périodes de natalité chez certains animaux. Pour les chats, c’est maintenant.

Ils sont très nombreux dans notre pays et nombreux à ne pas être pucés ni stérilisés (ce qui est interdit si vous en êtes propriétaire). Mais si vous découvrez un beau matin qu’une chatte a mis au monde dans votre jardin, vous devez prévenir votre commune qui doit alors l’amener, ainsi que sa portée, dans un refuge comme le stipule l’article D12 du Code Wallon du bien-être animal.

Attention qu’il est également interdit de mettre des chatons à l’adoption vous-même sur les réseaux sociaux en publication publique par exemple.

Si vous souhaitez adopter un chaton, sachez qu’ils doivent obligatoirement être stérilisés et identifiés avant d’être donnés.

Par ailleurs, un agrément d’éleveur occasionnel est obligatoire dès qu’une gestation est en cours et une mise bas imminente, même si la chienne, ou la chatte, n’a qu’une seule mise bas sur sa vie. Sarah Brodet le confie même " Certains tentent de se procurer des chatons pour les donner à manger à des serpents… On voit de tout dans les refuges, y compris le pire. " Donc même si vous tentez une adoption par vous-même, renseignez-vous sur la personne qui vous prend l’animal.

Avant d’adopter, prenez le temps de réfléchir, n’agissez pas sur un coup de tête, posez-vous les bonnes questions. Si vous avez des doutes, ne passez pas par internet, allez dans un refuge où on parlera (parfois longuement) avec vous. Sur place, on s’assure que le futur adoptant est en bonne capacité d’accueil, qu’il connaît les responsabilités auxquelles il va être contraint, qu’il est conscient qu’un animal a aussi un coût et que dès qu’il sait tout ça, il sera plus enclin encore à profiter de l’amour de son animal.

Tangui Horel

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