Andenne 5300

L’histoire rocambolesque de l’antiphonaire de la Collégiale d’Andenne

Le trésor de la collégiale Ste Begge a une valeur inestimable. Pour le préserver, la ville a intenté une action en justice pour en revendiquer la propriété. Elle continue également à traquer les pièces qui en ont disparu au fil des siècles. "Ce trésor n’a pas fait l’objet d’un inventaire détaillé au fil des siècles. Ce recensement a existé avant la Révolution française, mais quand on le compare au trésor qui reste aujourd’hui, force est de constater que des pièces ont eu des ailes et ont disparu", constate le bourgmestre d’Andenne, Claude Eerdekens. Certaines ont été détruites, d’autres volées ou même "détournées". C’est ce qui a dû arriver à cet antiphonnaire de 1627, un livre de chants religieux enluminé, d’une haute valeur artistique et patrimoniale. "Parfois, les gardiens du temple que sont les curés, doyens et autres membres de fabriques d’églises peuvent dans certains cas avoir confondu leur intérêt personnel et l’intérêt collectif, et avoir détourné à leur profit des œuvres d’art comme celle-ci, que l’on retrouve aujourd’hui en vente sur le marché international", avance le bourgmestre.

Chez un marchand d’art à Amsterdam

Ni la ville d’Andenne, ni même la police fédérale n’ont vraiment les moyens de traquer ces œuvres disparues. Cet antiphonaire a été retrouvé un peu par hasard. "Notre directeur général a constaté en mars dernier sur un site de vente qu’un antiphonaire processionnel de la collégiale d’Andenne était en vente, mais il avait déjà été vendu. Le 28 mai dernier, il nous signale qu’il l’a retrouvé et qu’il est à présent en vente sur le marché de l’art international à Amsterdam", relate Claude Eerdekens. Le descriptif ne fait aucun doute. Et la ville, via ses avocats, entame des négociations avec le vendeur. Celui-ci cédera finalement le livre de chants au prix auquel il l’avait acheté et le retirera donc de la vente. "Le marchand semble l’avoir acheté à un héritier d’un ancien doyen d’Andenne", précise encore le bourgmestre. La justice néerlandaise n’a pas dû intervenir. L’œuvre sera à présent exposée dans un des musées de la ville. Andenne espère d’ailleurs pouvoir récupérer d’autres pièces manquantes. Et le bourgmestre d’avertir : "Ceux qui ont des pièces du trésor de la collégiale peuvent se dire qu’ils ne sont pas à l’abri d’un procès de la ville".

Stéphanie Vandreck

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