Gembloux 5030

Une filière wallonne de l'épeautre voit le jour

Whisky, pâtes, pain ou encore sirop naturel, l’épeautre est une céréale qui peut servir à l’élaboration de bien des produits.

Avec plus de 2000 agriculteurs le cultivant, la Wallonie se classe d’ailleurs à la deuxième place des producteurs européens. Sauf que l’épeautre wallon est principalement voué à la consommation animale, tandis que l’épeautre consommé par le wallon est souvent importé.  

C’est dans ce contexte que la Wallonie soutient, via son pôle de compétitivité agro-alimentaire, le projet "wallep" (pour wallonie épeautre), réunissant 6 entreprises et 3 centres de recherches. "L’objectif du projet est de mettre en place une filière à haute valeur ajoutée autour de l’épeautre, qui va de la fourche à la fourchette, explique François Héroufosse, responsable du pôle Wagralim.  Nous misons sur l’interconnexion des acteurs, la circularité et la transparence."   

Laboratoire à ciel ouvert

Une première étape essentielle du projet se termine actuellement puisque 22 variétés d’épeautre, tant conventionnelles que biologiques, ont atteint la maturité à Gembloux, sur des terres gérées par le CRA-W (Centre wallon de recherche agronomique). Elles feront office de laboratoire à ciel ouvert pour les 6 industriels du projet, qui pourront tester les variétés qui conviennent le mieux à leurs besoins de production, et in fine leur permettre de communiquer vers le monde agricole et politique les besoins réels en épeautre. A la barre, on retrouve l’entreprise liégeoise Pastificio della mamma. "L’objectif c’est vraiment de mettre sur le marché une large gamme de produits à base d’épeautre, pour soutenir la filière, explique Marie Vassen, la responsable qualité. Nous, par exemple, nous souhaitons développer une nouvelle gamme de pâtes dures. Cela va dans le sens d’une tendance chez les consommateurs, qui veulent de plus en plus de produits locaux et de qualité."

En visite dans les champs d’épeautre gembloutois, le Ministre wallon Willy Borsus rappelait également qu’un but incontournable est d’offrir de meilleures conditions de travail aux agriculteurs. "Le prix de l’épeautre est incroyablement volatile, et nous pensons que la création d’une filière durable et qualitative en Wallonie, de circuits de valorisation du produit, permettra aussi de mieux rémunérer les agriculteurs." D’ici à 2022, les responsables du projet espèrent d’ailleurs pouvoir fixer un contrat de filière avec le monde agricole, régi par un prix de vente fixe et équitable.

Louis Matagne

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