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Ores teste l'inspection des lignes électriques aériennes à l'aide de drones intelligents

Utiliser des drones avec caméra, couplés à l’intelligence artificielle, pour inspecter les lignes électriques haute tension : c’est le projet pilote mené depuis quelques jours par la société ORES.

Le test est effectué jusqu’à la mi-juillet, dans vingt communes wallonnes, quatre en province de Namur et seize en province de Luxembourg.

Objectif : repérer les poteaux et les éléments électriques aériens qui doivent être entretenus ou réparés prioritairement. S’il s’avère efficace, le procédé sera généralisé aux 3500 km de lignes électriques aériennes (moyenne et haute tensions) gérées par Ores en Wallonie.

Clichés hi-tech

Doté d’une caméra haute définition, l’engin est dirigé par un pilote expérimenté. "Je fais décoller le drone et je l'envoie au-dessus du poteau électrique pour l’inspecter d’en haut", explique Philippe Delfosse, pilote de drone. "La machine est équipée de capteurs qui m’avertissent quand le drone s’approche trop près des lignes haute tension. Cela permet d’éviter un arc électrique. Je prends des clichés sous différents angles. Les images captées sont intégrées et traitées dans un programme d’intelligence artificielle. Les données sont analysées et archivées. Grâce au drone, les équipes d’Ores ne doivent plus monter sur le poteau pour une inspection visuelle. Le drone et le système d’analyse permettent de voir rapidement et facilement l’état des installations et de vérifier s’il y a des problèmes qui nécessitent une intervention. Le système facilite aussi les programmes d’élagage en zones reculées".

L’opération doit évidemment respecter la législation de la DGTA (Direction générale du Transport aérien) et celle sur le respect de la vie privée. "Ce sont deux éléments qui peuvent parfois alourdir la procédure", explique le pilote. "D’autant que les habitants sont parfois réticents".

Avantages à la clé

Si le projet pilote s’avère efficace, il offrira principalement trois avantages à Ores. "Ce sera un gain de temps, d’efficacité et d’argent", souligne Jean-Michel Brebant, porte-parole. "L’inspection ira plus vite et sera moins dangereuse pour le personnel. La gestion du réseau sera plus efficace. Il y aura donc moins de pannes de courant. Nous aurons un cadastre permettant de mieux évaluer les installations et d’anticiper d’éventuels problèmes liés au gel et au vent. Nous espérons aussi faire des économies, soit quelque 65.000 euros/an".

Si l’expérience est concluante, le drone sera donc progressivement utilisé sur l’ensemble du réseau aérien wallon géré par Ores. Soit environ 3500 km de lignes électriques de 15.000 volts et moins.

Jean-Claude Hennuy

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