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Les urgences du 21e siècle au CHR de Namur

En 2023, cinquante mille patients entreront au CHR de Namur par un service d'urgences flambant neuf.

Les travaux viennent de démarrer et dureront au moins deux ans. Budget : 9 millions d'euros. Construit devant l'hôpital actuel, le nouveau bâtiment sera un nouveau point de repère à l'entrée de la ville.

Depuis la création du premier service en 1977, avec 9000 entrées cette année-là, le rôle des urgences n'a cessé de croître. "Aujourd'hui, un patient hospitalisé sur deux entre à l'hôpital par le service des urgences, explique le Dr Pascale Lievens, chef de service. Nous avons moins d'accidentés de la route. C'est sans doute le résultat des campagnes de sécurité routière et de l'amélioration de la sécurité des voitures. Mais nous avons plus d'urgences pédiatriques, par exemple, qui représentent 25 % de toutes les admissions. D'une manière générale, l'activité des urgences reflète l'impatience de la société. Les gens, même pour des blessures ou des plaintes bénignes, viennent frapper à notre porte. Ils veulent être soignés tout de suite. Et nous sommes obligés d'accepter tout le monde."

Bien sûr pas nécessairement dans l'ordre d'arrivée : un patient qui s'est foulé la cheville ou qui doit recevoir trois points de suture passera après des cas plus graves comme un malaise cardiaque ou une hémorragie digestive. "C'est vrai qu'un certain nombre de personnes qui se présentent aux urgences auraient très bien pu attendre un rendez-vous avec un spécialiste ou être vues par un médecin généraliste. Mais nous devons soigner tout le monde de manière inconditionnelle. Quand il s'agit vraiment de quelque chose de bénin, personnellement, j'explique au patient que la prochaine fois il doit plutôt faire appel à son médecin généraliste, parce qu'il sera tout aussi bien soigné et qu'il attendra sans doute moins longtemps."

Le recours excessif aux urgences hospitalières, qui coûte très cher à la collectivité, est une préoccupation récurrente de la politique belge de soins de santé. Depuis une dizaine d'années, les pouvoirs publics favorisent le développement de postes de garde de médecine générale. Certains sont même installés à l'entrée des hôpitaux, pour favoriser un bon aiguillage des patients. Celui de Jambes, de l'autre côté de la Meuse par rapport au CHR, enregistre environ 10.000 visites par an.

 

 

 

François Louis

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