Namur 5000

La sophro-dégustation : un éveil des sens unique pour profiter du vin?

Depuis quelques temps, le concept se développe en France, dans les grandes maisons de Champagne par exemple… Il débarque aussi chez nous.

Plongée dans une soirée de sophro-dégustation.

"Quand vous vous sentez prêts, vous pouvez fermer les yeux pour apprécier le retour à soi-même", cette phrase d’introduction ne laisse en rien présager que la dizaine de convives autour de la table se prépare à une dégustation de vins. Nous sommes à "La Barrique", au sud de Charleroi, et cette soirée commence donc par une demi-heure de sophrologie : les participants, assis autour de la table les yeux fermés, entrent en phase de relaxation au rythme de leur respiration... L’idée est de les amener, avant de goûter les vins, à optimiser leurs cinq sens. C’est Catherine Dayez qui pilote cette soirée inédite : "On commence par l’ouïe, c’est important d’entendre couler un vin, on prend conscience d’abord aussi du physique du toucher, des bruits extérieurs… Et je fais ça pour les cinq sens en ajoutant du vocabulaire sur le vin… Un fois qu’on a les sens en éveil, alors on a cinq vins qui sont proposés et on continue à attirer l’attention sur les cinq sens ". Une dégustation qui propose deux vins blancs, deux vins rouges, et qui commence avec un Crémant, une approche pétillante que Catherine Dayez invite d’abord à sentir, regarder et écouter : " On entend vraiment l’effervescence tel un murmure, un petit frisson…".

Un nouveau sens à la dégustation

Les participants sont des amateurs de vins mais c’est la première fois qu’ils s’adonnent à une petite séance de sophrologie en prélude à la dégustation. Certains étaient un peu sceptiques au départ, d'autres se sont presque endormis mais au moment de goûter les vins, les premières impressions sont plutôt positives : "C’est la première fois que je savoure autant avec le sens de l’odorat un verre qu’on me sert ", " La dégustation avec le Crémant, le fait de l’écouter, c’est vrai qu’on prend pas forcément la peine de le faire en temps normal ", "Ça éveille d’autres perceptions dans le corps humain"… 

Au final, autour de la table, les convives semblent unanimes : le temps de pause amené par la sophrologie avant de goûter les vins change complètement la manière d’aborder le moment de la dégustation : " Après l’expérience, on se sent reposé, c’est vrai qu’on est plus positif, c’est plus convivial avec tout le monde… C’est surprenant, c’est à essayer un fois, sincèrement… C’est vrai qu’on apprécie mieux le vin, on sent plus les odeurs, il y a les cinq sens qui travaillent".

Ce soir-là, les participants ont payé chacun 30 euros pour cette soirée alliant sophrologie et cinq vins à déguster, ils estiment tous en avoir eu pour leur argent. Et comme certains comptent bien acheter du vin avant de repartir, tout le monde y trouve son compte…

Jacques Graye

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