Namur 5000

L’histoire du pont de Jambes en images

L

L’histoire du pont de Jambes n’est pas un long fleuve tranquille … Principal, et longtemps seul, lien entre rive gauche et rive droite de la Meuse à Namur, il a failli disparaître à plusieurs reprises au cours de ses 1000 ans d’existence.

ONLY WEB

Certains font remonter le pont de Meuse à l’époque romaine mais rien n’est certain et on n’a pas de preuve…par contre on sait avec certitude que le pont existait déjà en 1183 grâce à un acte notarié qui concerne une maison qui se trouvait sur le pont.

Une maison sur le pont ? Ah bon ? Ben oui,  parce qu’au moyen-âge les ponts étaient des endroits de vie très animés avec des commerces, des échoppes et des maisons.

Il n’existe, évidemment, pas de photo de cette époque là mais la plus vieille illustration dont on dispose est un morceau de plan, le plan Masius du nom de ce chanoine qui a réalisé en 1575 un des plus anciens plans de la ville de Namur que l’on connaisse.

Pont de Jambes sur le plan Masius

 

Sur ce plan, on voit bien qu’il y a une tour sur le pont côté Jambes, une tour qui était percée d’une porte qui donnait sur un pont-levis. Cette tour, c’était en quelque sorte le poste frontière entre le Comté de Namur et la Principauté de Liège dont Jambes faisait partie.

A l’époque le pont de Jambes ne servait pas uniquement de lieu de passage entre deux rives. On dit qu’il servait aussi de lieu de justice, de lieu d’échange de prisonniers entre Namur et Jambes, et même de lieu d’exécutions de criminels. Le coupable était arrêté, condamné et directement précipité dans la Meuse du haut du pont. (Précisons que le niveau de l’eau était plus bas car la Meuse n’était alors ni canalisée ni régulée par des écluses !)

Les dames du pont de Meuse

La tour et le pont-levis sont détruits en 1760 et sont remplacés par deux colonnes qu’on appelait les dames du pont de Meuse, qui continuèrent à marquer la frontière entre les deux territoires. Ces colonnes furent détruites en 1828.

Le pont de Jambes en 1860

La première photo dont on dispose sur le pont date de 1860, une photo qui provient de la collection  des Archives Photographiques Namuroises. Sur cette photo, on peut compter les arches du pont, il y en a neuf…. Il faut savoir que le pont en comptait 10 au départ mais que la 10ème a été ensevelie côté Namur lors de la construction du boulevard Ad aquam au début du 19 ème siècle.

10è arche du pont de Jambes ensevelie sous le boulevard Ad aquam

 

Avançons encore un peu dans le temps….avec les deux guerres mondiales qui vont fortement endommager le pont.

Le pont de Jambes en 1914

Sur cette photo d’août 1914, visiblement prise par les allemands, on voit 3 arches détruites, côté Jambes. C’est le génie belge qui a fait sauter le pont en espérant retarder la progression de l’armée allemande.

passerelle en bois

 

Une passerelle en bois remplace, provisoirement, les arches détruites puis en 1923, deux arches plus grandes remplacent les trois petites arches, côté Jambes.

Et puis, le même scénario va se reproduire, en 1940, ces 3 mêmes arches sont à nouveau détruites par les belges. Puis le 2 septembre 1944, les allemands accentuent les dégâts pour retarder la progression des blindés américains. Peine perdue puisque la 1è armée américaine va jeter un pont Bailey (pont préfabriqué portatif) pour permettre le passage des blindés !

1944, les américains jettent un pont Bailey

état du pont après guerre

Après la guerre, le pont va rester longtemps dans un état plutôt délabré.

Mais les autorités sont conscientes de la nécessité de trouver une solution pour faire face à la circulation automobile grandissante et au transport fluvial moderne.

passerelle

 

En 1952, on construit donc un pont provisoire métallique pour dédoubler le vieux pont qui n’avait pas la largeur adéquate au trafic. Dans les années ’50 on allait donc de Namur à Jambes sur le vieux pont, et dans le sens inverse, on empruntait  la passerelle.

C’est à cette époque que s’opposent deux camps : ceux qui veulent détruire le vieux pont et le remplacer par un nouveau et ceux qui veulent conserver le vieux pont en le modernisant. Ces derniers l’emportent et on décide de reconstruire le pont. Les travaux se déroulent entre 1961 et 1965. La passerelle est donc élargie durant la durée des travaux pour permettre la circulation dans les deux sens.

travaux vus d’en haut

Les travaux permettent de doubler la largeur du pont et d’élargir l’arche centrale pour permettre la circulation des bateaux à plus gros tonnage.

Une arche centrale plus large est créée

Le « nouveau » pont a été utilisé dès le 4 janvier 1965. Seules les trois arches de la rive gauche (côté Namur), ont conservé des vestiges intacts de l’ancien pont.

L

Retrouvez l'article original sur Canal C