Namur 5000

Erreur tragique: il y a 75 ans, les Américains bombardaient Namur

18 août 1944.

Ce jour-là, à 18h06, l’aviation américaine tente de détruire le pont du chemin de fer qui enjambe la Meuse, à Namur. Mais l’opération est un terrible fiasco.

En une vingtaine de minutes, plus de 200 bombes touchent le centre de la ville. Près de 2000 bâtiments sont détruits ou endommagés. Mais surtout, plus de 300 civils sont tués, et environ 600 sont blessés.

"La population ne s’attendait absolument pas à ce bombardement. Certains enfants sont même sortis de chez eux pour voir passer les avions, et ça leur a coûté la vie", explique Richard Dessart, un historien local qui a consacré un livre à ce tragique épisode de la fin de la seconde guerre mondiale.

L’abbé René Dardenne avait 18 ans à l’époque. Lui et sa famille habitaient dans le centre historique de Namur. Il se souvient.

"On a tous cru qu’on allait mourir, mais nous avons eu de la chance. Dans l’amas de briques et l’épais nuage de poussières, nous sommes sortis pour aider les blessés que nous entendions crier. Et il y avait ces nombreux morts. C’était effrayant".

"Les débris, les blessés, les morts… C’était apocalyptique, se remémore également Mariette Delahaut, 97 ans. En 1944, elle était une jeune infirmière débutante. On a dû ensevelir des gens pendant plus de 3 semaines. On a même organisé un enterrement collectif. Le souvenir le plus émouvant qui reste gravé dans ma mémoire, c’est une maman tenant la main de sa petite fille. On ne peut pas rester insensible à ce genre de scènes horribles".

Aujourd’hui, il reste peu de traces de ce bombardement. Seuls les murs du beffroi et ceux du bâtiment qui abrite désormais Namur Congrès en portent encore des stigmates visibles.

Le 5 septembre 1944, Namur était libérée. Moins de 3 semaines après avoir été tragiquement touchée en plein cœur par ses futurs libérateurs.

Rudy Hermans

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