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Brugelette : repérer les oiseaux et les amphibiens des bassins de décantation par leur ADN

Quels oiseaux et quels amphibiens se trouvent (ou se sont trouvés) sur le site de l’ancienne sucrerie de Brugelette ? Pour le savoir, des naturalistes observent régulièrement les bassins de décantation et leurs abords.

Mais certains animaux passent peut-être sous les radars. Voilà pourquoi la Fondation Pairi Daiza qui gère ces trente hectares collabore avec e-biom, une petite entreprise spécialisée qui traque la faune en cherchant… son ADN.

Cette spin-off de l’Université de Namur s’est notamment illustrée dans la crise sanitaire en analysant les eaux usées pour quantifier la présence du virus SARS-Cov2. Ce jeudi de septembre, il est aussi question d’eau. Bottes aux pieds et pompe en main, deux opérateurs d’e-biom font le tour d’un des neuf bassins. Ils plongent un tuyau dans différents endroits pour avoir une idée de la vie qui s’y trouve.

Beaucoup d’ADN dans une petite capsule

"L’eau passe à travers un filtre qui capte l’ADN", explique Nicolas Debortoli, chargé de projet chez e-biom. "L’avantage, c’est qu’on ne doit pas trimbaler des dizaines de litres d’eau ensuite. On compacte beaucoup d’information dans une toute petite capsule." L’ADN recueilli est ensuite analysé, séquencé et comparé avec différentes bases de données. "Au final, on obtient la liste des espèces présentes sur le site".

Cette analyse en laboratoire prend un certain temps, reconnaît Jonathan Marescaut, administrateur délégué d’e-biom. "Plusieurs jours ou plusieurs semaines de travail. Ça dépend du nombre d’espèces recherchées. Ici, on nous demande de lister les oiseaux et les amphibiens. Parfois, il s’agit de trouver tous les organismes vivants…"

L’eau se fait rare

La Fondation Pairi Daiza a commandé ce travail afin de faire un état des lieux de la biodiversité sur ce site. "Après ce recensement, on décidera quelles actions prioritaires on met en place pour la protéger et permettre son développement", explique Catherine Vancsok, conseillère scientifique auprès de la fondation. Parmi les enjeux du site, il y a la gestion de l’eau. "L’activité sucrière ayant disparu, les neuf bassins ne sont plus alimentés en eau. Le niveau a tendance à baisser. La pluie ne semble pas suffisante pour pouvoir maintenir cette zone humide par ailleurs très intéressante pour la biodiversité".

Pierre Wuidart

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