Stoumont 4987

Quand un insecte grignote les finances communales

Nos forêts d'épicéas sont grignotées de l'intérieur.

En cause ? Le scolyte. Ce petit coléoptère a toujours été présent mais avec les hivers trop doux et les étés trop secs, il pullule depuis 2018.  A l'impact financier de l'épidémie s'ajoute aujourd'hui l'effondrement des prix de l'épicéa. Le bois, 10% du budget de certaines communes Les finances de certaines communes pourraient en être lourdement impactées. Pour Lierneux, par exemple, les ventes de bois représentent 10% du budget communal.  A Jalhay, les chiffres sont tout aussi importants: 600 à 800.000 euros de recettes sur un budget annuel d'environ 9 millions d'euros. Marchands et vendeurs de bois, bredouilles A la dernière vente de bois du 25 octobre, les marchands et les communes sont reparties bredouilles. Seuls quelques lots ont été vendus. Les meilleures offres s'élèvent aux alentours de 45 euros le mètre cube au lieu d'environ 70 euros l'an passé, à la même période. C'est mieux que voilà quelques semaines mais pas encore assez. "Nous ne voulons pas donner nos bois non plus. Au niveau du budget, nous avons quand même une petite marge pour voir venir mais je veux vraiment en discuter avec le directeur financier pour boucler un budget dans la meilleure formule possible, indique André Samray, bourgmestre de Lierneux. En espérant peut-être reporter les lots qui n'ont pas été attribués dans le courant de l'année prochaine pour obtenir de meilleurs prix". Le marché des épicéas saturé, pourquoi? "Le problème de toutes les matières premières, c'est l'offre et la demande. L'offre a été vraiment importante à cause des scolytes dans les forêts d'épicéas. Les forêts d'épicéas ont été décimées donc on a dû procéder à des abattages sanitaires, ce qui a encombré le marché", signale Marc Ancion, échevin des Forêts de Jalhay. Le scolyte, c'est ce minuscule coléoptère. Il creuse des galeries sous l'écorce des épicéas et empêche la sève de monter. Ces dernières années, il prolifère grâce aux hivers doux et aux arbres affaiblis par la sécheresse. Seule solution pour endiguer son avancée, l'abattage. Jalhay a dû s'y résoudre cet été avec une perte financière sèche à la clé. Mais l'effondrement des prix suite à l'arrivée en masse sur le marché des bois scolytés belges, français et allemands, l'impacte davantage encore. Le CRAC va étudier les pertes Des spécialistes prédisent que la crise du scolyte va perdurer au moins deux à trois ans. Alors comment maintenir les finances à l'équilibre d'ici là ? Le député wallon theutois André Frédéric s'en est inquiété: "J'ai interpellé le gouvernement wallon et, en particulier le ministre Dermagne, qui m'a confirmé qu'effectivement la Région allait attribuer des prêts à taux zéro pour permettre de renflouer les caisses au moment du budget mais il a aussi confié une mission au Centre régional d'aide aux communes, le CRAC, pour que celui-ci objective la situation budgétaire des communes touchées et qu'une aide récurrente puisse être dégagée pour subvenir aux besoins des communes impactées". (Au.M)

Nos forêts d'épicéas sont grignotées de l'intérieur.

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