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"Digital et engagement sociétal", quelles sont les initiatives d'aujourd'hui pour le monde de demain ?

Le 18 février dernier, Liège Créative s’est associé avec le CES (HEC-Uliège) et l’Asbl MNEMA pour une conférence autour des engagements sociaux mis en œuvre sur le net. Ils ont invité plusieurs intervenants locaux et internationaux afin d’ouvrir le débat.

Ferdinand Richter, Mathieu Jacobs, Joseph D’ippolito, Abed Saedi.

Ces noms ne vous disent peut-être rien, mais ces entrepreneurs sont aujourd’hui des acteurs de petits changements.

Tous engagés, ils sont venus à la rencontre des Liégeois pour parler de leur projet et de leur implication d’un point de vue écologique et/ou associatif.

Ecosia et ses 50 millions d’arbres plantés

Responsable d’Ecosia France-Belgique depuis octobre 2016, Ferdinand Richter a expliqué à l'assemblée les différentes actions du moteur de recherche, Ecosia.

Actif en Tanzanie, au Burkina Faso et au Kenya, Ecosia a enregistré il y a peu de temps 50 millions d’arbres plantés dans le monde.

En deux ans, le moteur de recherche qui plante des arbres est adopté par de plus en plus de personnes à travers le monde. Grâce à une équipe de 40 personnes et d’une idée révolutionnaire, Ecosia permet à de nombreuses personnes de vivre et de restaurer les écosystèmes locaux.

"Pourquoi ne pas mettre sur pied un outil utilisé par tout le monde au quotidien pour faire le bien ?" c’est la question que s’est posé le Berlinois Christian Kroll, fondateur du moteur de recherche. Avec 25 000 euros et une indépendance financière, Ecosia évolue au fil des ans, pour enregistrer en décembre 2018 un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros.

Leur projet continue de s’étoffer puisque l’équipe souhaite aller encore plus loin. L’entreprise à mission a récemment déposé une offre d’achat d’1 million d’euros pour la conservation d’une forêt en Allemagne. Si le projet n’a pas abouti, les actions mises en place ont eu écho et la forêt a de grandes chances d’être conservée.

À la fin de sa présentation, Ferdinand Richter a soulevé une statistique frappante qui nous incite tous à être acteur de petits changements : "Si 20% des personnes qui utilisent le moteur de recherche Google changeaient pour Ecosia, il serait possible de reforester l’entièreté de la planète."

Give a Day, la plateforme de "matching local"

Développée depuis 2015, la plateforme qui veut "changer le monde" met en lien des citoyens volontaires et des personnes dans le besoin.

"Give a Day", en quoi cela consiste ? C’est une plateforme en ligne de "matching" social et sociétal.

Son cofondateur, Mathieu Jacobs, nous en dit un peu plus : "Pour la construction de Give a day, nous sommes partis du constat d’expériences humanitaires et d’actions associatives qui ne rencontrent pas facilement d’investisseurs. Nous avions aussi d’un autre côté, des citoyens souhaitant s’impliquer dans une démarche de volontariat."

Le lien entre ces deux pôles n’étant pas simple, Mathieu Jacobs et son équipe ont mis sur pied cette plateforme qui "met en lien les besoins des associations et des volontaires".

Cette démarche, ayant pour objectif de "changer le monde en changeant les mentalités de chacun", crée de nombreuses actions localement, autour de nombreuses entreprises avec une plateforme qui leur est dédiée, ainsi qu’au niveau scolaire pour aider les jeunes qui cherchent à mettre en place des projets sociaux.

Mathieu Jacobs a une vision très optimiste de son projet qui connecte de plus en plus de public : "Si on parvient à mobiliser les étudiants qui peuvent travailler avec des entreprises et des citoyens pour des projets associatifs, là on créerait un écosystème où chacun peut retrouver du sens dans sa propre existence, dans l’existence de l’autre et du sens dans la société."

Crowd’in, la plateforme de crowdfunding de proximité

Actif depuis 5 ans, la plateforme Crowd’in propose à de nombreux porteurs de projet de se lancer dans l’aventure de l'entrepreneuriat.

Leur concept innovateur résulte en une plateforme de crowdfunding qui propose des contreparties aux dons des internautes.

Leur spécificité : l’accompagnement de projet. Le fondateur de Crowd’in, Joseph D’ippolito, nous a expliqué leur travail : "Nous rencontrons chaque porteur de projet pour élaborer des stratégies de levée de fonds. On définit ensemble les besoins de financement nécessaires et les contreparties qu’ils peuvent proposer à l’ensemble de leurs contributeurs."

Depuis 2018, le nombre de projet inscrit sur Crowd’in a doublé et comprend un taux de réussite de 73%, tous projets confondus.

La plateforme, catégorisée en quatre grandes familles de projets, soutient des "projets entrepreneuriaux", des "projets culturels et créatifs", des "projets non marchands et solidaires" ainsi que des "initiatives et commerces de proximité".

Parmi les projets fructueux, il est possible de retrouver des commerces bien connu de la Cité Ardente comme par exemple le Merlix Café ou encore l’épicerie bio et zéro déchet Vrac in Box.

Leo Not Happy et ses valeurs écologiques

Peut-être l’avez-vous déjà croisé en rue ou sur les réseaux sociaux, Leo Not Happy c'est ce petit personnage mécontent qui pose à côté de déchets trouvés en ville.

Son créateur, Abed Saedi, s’est donné pour objectif de prendre en photo Léo à côté de détritus et de relier les photos sur les réseaux sociaux.

Son but ? Sensibiliser un maximum de personnes à la thématique de l’environnement grâce à internet. "Leo Not Happy" c’est 24 mille followers sur Facebook et 1500 sur Instagram.

La principale activité autour du personnage consiste en divers rassemblements au centre de la Ville de Bruxelles pour des ramassages collectifs de déchets. En avril 2018, Leo not Happy a rassemblé plus de 220 personnes, ce qui a permis de ramasser 240 000 mégots !

"Des citoyens à Bruxelles se sentaient seuls face à ce fléau." nous explique Abed Saedi. "Ils avaient besoin de s’identifier et de s’accrocher à une communauté. Les gens se rencontrent, échangent et s’impliquent tous à leurs propres niveaux. Tout le monde participe à nos rassemblements, que ce soit des enfants de 4 ans ou des personnes plus âgées. La problématique de la propreté publique ou de l’environnement nous fédère tous."

 

Aurélie Bronckaers