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Dison: fin de majorité absolue pour le PS d'Yvan Ylieff en 2018?

C'est le plus ancien bourgmestre de Wallonie: Yvan Ylieff, 76 ans, est en place depuis 1973 dans la commune de Dison (Andrimont avant la fusion). Le socialiste va-t-il rempiler? C'est une des questions à Dison, l'autre étant  "le parti socialiste, en...

C'est le plus ancien bourgmestre de Wallonie: Yvan Ylieff, 76 ans, est en place depuis 1973 dans la commune de Dison (Andrimont avant la fusion). Le socialiste va-t-il rempiler? C'est une des questions à Dison, l'autre étant  "le parti socialiste, en majorité absolue, va-t-il perdre ce pouvoir" et dans ce cas, "quelle alliance dans un contexte qui s'annonce difficile aussi pour l'opposition"?

Yvan Ylieff ne devrait pas être tête de liste. Il reste cependant à disposition du parti, comme on dit dans ces cas-là. Pour faire quoi? Et bien pour soutenir la liste, par exemple en la poussant à la dernière place.

Tout cela ne se décidera que dans quelques semaines mais l'homme fort de Dison précise, "mais évidemment, avec la fin de l'effet case de tête, c'est celui qui fait le plus de voix qui peut être amené à être bourgmestre". Donc même lui, et dans ce cas, il ne refuserait peut-être pas: "c'est un mandat passionnant!"

En tête de liste, il verrait bien Véronique Bonni. L'ancienne échevine, qui avait opté pour une carrière comme députée fédérale puis régionale, n'a jamais caché son désir de devenir bourgmestre de sa commune. En 2012, elle avait fait le deuxième score socialiste.

Le PS s'effrite, l'opposition se tâte

18 sièges et près de 60% des voix en 2000, 14 sièges sur 25 et en-dessous des 50% en 2012, le parti socialiste connait, à Dison, une érosion de son électorat. L'usure du pouvoir absolu sans doute. Les mandataires PS ne s'en cachent pas avec les affaires, Publifin/Nethys en particulier, ils craignent une nouvelle chute et la perte de la majorité absolue.

"Avec ce dossier, on a joué au foot panique et fait le jeu des populistes", analyse Yvan Ylieff. "C'est parfois difficile d'être un élu", renchérit Véronique Bonni, "il y a une tendance à tous nous mettre dans le même sac".

L'analyse n'est d'ailleurs pas propre au PS. "Tous partis confondus, le bashing politique donne une ambiance générale délétère. Il est vraiment difficile de convaincre des gens compétents d'être sur des listes. Pourtant, la majorité des élus, au niveau des communes, font leur travail et n'en tirent pas grand profit financier. Un conseiller à Dison ne couvre même pas ses frais avec le jeton de présence", confirme Frédéric Delvaux, D!RE (tendance libérale).

Cette difficulté à confectionner des listes se vérifie dans tous les partis d'opposition à Dison. Côté Ecolo ou à la liste citoyenne qui pourrait voir le jour, c'est encore l'incertitude quant aux noms, mais la volonté est de faire plus que les 2 sièges actuels pour poursuivre une opposition constructive, voire "prendre nos responsabilités dans une majorité", précise Marc Magnéry.

Au cdH, qui disposait de 5 élus, Didier Hamers ne sait pas encore s'il se représentera, si la liste aura l'étiquette cdH ou autre. Les décisions ne sont pas encore prises. Pour la mouvance libérale de D!RE, une chose est certaine, "il y aura en tout cas une liste d'opposition au PS, ce ne sera probablement pas sous le sigle MR. Pas question non plus de liste juste de remplissage. Des contacts sont pris mais c'est encore un peu tôt", ajoute Frédéric Delvaux, qui compte bien se représenter.

Si le PS risque de perdre sa majorité absolue, l'opposition, elle, se cherche toujours dans une commune où, tous le reconnaissent, ils n'ont rien à reprocher au niveau de la gestion pure au bourgmestre actuel.

Précarité, rénovation urbaine et démocratie participative

Si Dison se porte bien financièrement, elle doit cependant faire face à une population de plus en plus précarisée. C'est une des communes les plus pauvres de Wallonie. Le chômage atteint quasi 25% et sur 6000 ménages, 800 personnes bénéficient de l'aide sociale. "Nous avons réussi  la rénovation du site Interlac, le site du Tremplin aujourd'hui mais nous devons poursuivre", explique Yvan Ylieff.

"Il reste beaucoup à faire et la revitalisation urbaine du centre avec des logements qui peuvent attirer des populations aux revenus moyens est la première des priorités. Il y a le projet du Wesny et du Chatelet où là, il devrait y avoir des centaines de logements. L'objectif est de ramener des habitants pour faire vivre aussi le commerce du centre de la commune. On a également un projet d'ascenseur urbain entre le centre et le Couquemont avec une résidence service là-bas".

Le bourgmestre enchaîne avec des projets d'aire sportive dans le centre et un parking couvert. Sa "challenger", Véronique Bonni, précise: "Ce qui était en projet a été ou est en passe d'être réalisé, mais il faut aller plus loin dans le bien-vivre ensemble, l'enseignement, aller vers le citoyen, vers la jeunesse, pour travailler avec elle".

L'opposition reproche, elle, au bourgmestre, un manque de vision: "Les budgets sont insipides, inodores, incolores. Les conseils communaux sont des conseils de pure gestion. Il y a un manque d'ambition. Les chiffres du chômage sont catastrophiques, il faut agir. Il faut prendre son bâton de pèlerin pour aller chercher des personnes qui veulent investir, qui ont un projet, une vision", conclut Frédéric Delvaux pour D!RE.

Quant à Écolo, il précise être le seul parti à avoir présenté des délibérations au conseil communal: "Il y a de bons aspects à Dison mais aussi beaucoup de clientélisme, un manque au niveau de la démocratie participative. Il faut une gestion avec les Disonais et pas uniquement pour les Disonais. Il manque de vision politique à long terme pour l'aménagement du territoire ou encore pour la mobilité où on préfère encore le tout à l'auto, c'est une vision passéiste", assène Marc Magnéry.

Si le PTB ne compte pas présenter de liste à Dison, il pourrait en être autrement d'autres formations comme le PP ou Défi, sans oublier l’extrême droite qui dispose d'ailleurs d'un élu "fantôme" puisqu'il n'a quasi jamais siégé.

 

 

Françoise Dubois

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