Verlaine 4537

Une carte sonore de confinement créée par des étudiants et professeurs de l'Athénée Léonie de Waha

Face à l'annulation de leur voyage scolaire, les élèves de 5e secondaire de l'Athénée Léonie de Waha et leurs professeurs, ont décidé de transposer leur projet initial à la situation exceptionnelle qu'ils rencontraient. Une carte sonore interactive de confinement en est née.

Les élèves de 5ème année de l'Athénée Léonie de Waha et leurs professeurs devaient initialement se rendre en mars dernier à Verdun, puis en Alsace, visiter le camp de concentration du Natzweiler-Struthof, mais aussi visiter le Parlement européen à Strasbourg et une partie de l'Allemagne. Le projet en collaboration avec RFI (Radio France Internationale) était de prélever des ambiances sonores, d'enregistrer des sons, des interviews... afin d'élaborer une carte sonore interactive partant de Liège jusqu'à la frontière suisse en traversant les Cantons de l'Est, l'Alsace-Lorraine, la Rhénanie et le Bade-Wurtemberg. Chaque région aurait été illustrée par plusieurs enregistrements sonores aussi riches et divers les uns que les autres.

Cependant, suite aux mesures prises par le Conseil National de Sécurité quant aux voyages scolaires durant la crise sanitaire du Covid-19, les élèves et leurs professeurs n'ont pu prendre la route. Le voyage a tout simplement été annulé en respect de ces mesures

Repenser le projet, l'adapter à la situation

En réponse à ces décisions fédérales, les élèves se sont montrés compréhensifs et ont bien mesuré l'importance du respect de celles-ci. Ne voulant pas laisser tomber le projet et étant très impliqués, ceux-ci se sont organisés de manière autonome et ont émis l'idée de transposer leur carte sonore interactive à la situation :

"Rapidement, les étudiants se sont organisés via des plateforme en ligne. La demande était claire: ce projet ne doit pas disparaître. Au contraire, les circonstances exceptionnelles que nous vivons peuvent nous servir à rebondir. Impossible de voyager pour réaliser une carte sonore? Alors nous réaliserons une carte depuis chez nous." Nathanaël Brugmans, professeur d'histoire à l'Athénée Léonie de Waha.

Mise en place de la carte sonore de confinement

Au départ, les contributeurs, élèves et professeurs faisant partie du projet, ont enregistré un son représentant le confinement de chacun. Par la suite, est née l'initiative de partager des œuvres culturelles:

"Dans un premier temps, nous devions enregistrer un son de 30 secondes qui résumait notre quotidien de confiné avec un court texte qui l’accompagne. Dans un second temps, nous avons réalisé Ah ce que j’aurais aimé être vous qui n’avez pas vu/lu/joué à,..., cela consistait à effectuer une chronique de 2 minutes d’une oeuvre culturelle qui nous a plu, en répondant à l’affirmation ci-dessus.", Maia Boveroux, étudiante en 5ème (5Pax) à l’Athénée Léonie de Waha.

Le projet a rapidement rencontré du succès et est devenu un réel moyen de communication entre les élèves mais aussi avec les enseignants :

"Pour moi, c'est encore plus intéressant. Avec tout le temps qu'on a, pouvoir conseiller et suivre les conseils des autres élèves pour découvrir des nouvelles séries, livres, films, etc... Quand on m'a dit qu'on avait déjà mille écoutes j'ai été assez surprise je dois dire." Lena Piazza, étudiante en 5ème secondaire à l’Athénée Léonie de Waha.

Vous pouvez consulter la carte ici.

Un projet pas comme les autres

Ce projet a démontré la capacité d'élèves et de professeurs motivés à s'adapter face aux temps exceptionnels que l'on connait actuellement. Loin de vouloir laisser leur motivation de côté, ils ont fait preuve de créativité et d'inventivité dans le but de poursuivre un projet commun. Celui-ci a permis de créer des liens plus forts, de développer des compétences plus larges que le programme classique de cours, mais aussi, de contribuer à l'histoire en travaillant sur un projet qui sera certainement considéré plus tard comme une trace du passé. C'est également la raison pour laquelle ils ont participé à l'appel de l'association MSW (Musées et Société en Wallonie) à recueillir des traces de la pandémie en Belgique.

"En tant qu'enseignant, cette expérience me démontre que l'école à distance a du sens si elle est envisagée sous la forme du projet. Et que quand le sens est là pour les élèves, les résultats sont toujours impressionnants. Comme historien, je considère cette carte comme un témoignage très fort d'une période inédite en Belgique qui pourra servir lorsque le confinement sera terminé. C'est pourquoi il était important de donner cette carte à l'association MSW (Musées et Société en Wallonie) dans le cadre de leur appel à recueillir des traces de la pandémie en Belgique" Nathanaël Brugmans, professeur d'histoire participant au projet.

Les conséquences de ce travail collectif (qui sort de l'ordinaire) seront donc certainement multiples et bénéfiques pour tous, chacun ayant acquis de nouvelles compétences et enrichis leurs expériences de tout horizon au cours de son élaboration.

M.G.