Verlaine 4537

Crise du coronavirus: une vague de faillites attendues en Belgique. Quelles entreprises sont le plus à risque?

La crise sanitaire du coronavirus est tout doucement en train de reculer. Elle aura un impact important sur nos entreprises. Les faillites vont sans doute se multiplier. Mais cela ne se voit pas encore dans les statistiques.

Au mois d'avril, la Belgique compte 338 faillites. C'est très peu. Il s'agit pour l'essentiel de dossiers ouverts avant la crise du Covid-19. Entretemps, le gouvernement a imposé un moratoire sur les faillites.

Mais pour Eric Van den Broele, expert de ces matières chez Graydon, une vague de faillites arrive bel et bien.

"On constate que la crise cause bien sûr des difficultés à des entreprises qui, juste avant le déploiement du confinement, étaient en bonne santé certainement. Mais d'autre part, il y a quand même une partie d'entreprises qui, juste avant la crise, démontrait quand même de forts signaux d'alarme et donc, des fortes chances de se voir mettre en faillite de toute façon dans les plus brefs délais".

Pour faire la distinction entre les entreprises qui étaient au bord de la faillite avant la crise sanitaire et celles qui étaient saines, il faut des données.

En l'occurrence Graydon compile toutes les informations financières concernant des centaines de milliers d'entreprises.

"Nous déployons depuis bientôt 30 ans maintenant en Belgique et plus, une banque de données où se trouvaient effectivement le data qui sont mis à jour continuellement. Par exemple, on tient non seulement compte de la situation financière publiée, mais aussi bien la façon dont chaque entreprise paye ses factures : bon, pas bon, pas du tout".

Ces données sont ensuite exploitées, via un algorithme.

Mais pourquoi faire la distinction entre les entreprises qui étaient saines avant le confinement et celles qui ne l'étaient pas ?

C'est utile parce qu'il s'agit de mesurer concrètement l'impact réel de la crise sur chaque entreprise, les besoins en capitaux pour survivre et de là évidemment, voir quelles entreprises il faut absolument essayer de sauver et surtout à quel prix.

"Tout le logiciel arrive effectivement à calculer, par entreprise individuelle, leurs besoins individuels au niveau d'injection de cash ou de capitaux", précise Eric van den Broele.

Qu'il s'agisse de crédit bancaire, d'argent public ou d'argent apporté par les actionnaires de ces entreprises parce que ce sont eux les propriétaires.

Combien d'argent va-t-il falloir mobiliser pour sauver toutes ces entreprises ?

Graydon ne publie pas ses chiffres. Des estimations ont néanmoins circulé dans les médias ces dernières semaines. 8 à 9 milliards d'euros seraient nécessaires pour renforcer nos entreprises. Mais ça pourrait être beaucoup plus.

Un indice tout de même : l'Etat a mis en place un système de garantie qui porte sur 50 milliards d'euros de crédits d'urgence aux entreprises, ça donne une petite idée de l'ampleur des moyens qui sont nécessaires pour aider nos PME, nos grandes entreprises et aussi nos toutes petites entreprises à survivre au Covid.

Avec Michel Gassée